Retour des parcomètres du coeur à Moncton

Les parcomètres du coeur sont de retour dans le centre-ville de Moncton.

Ces trois parcomètres jaunes qui recueillent de l’argent pour les sans-abri sont une initiative de Moncton Centre-ville.

Ils sont présentés comme une alternative à l’acte de donner de l’argent aux mendiants, pour les gens qui ne se sentiraient pas confortable de le faire.

Les modestes dons recueillis – environ 500$ par année – servent à alimenter un organisme d’aide aux sans-abri géré par le YMCA du Grand Moncton.

«Nous apprécions tous les dons, peu importe leur valeur», rappelle Dave Thériault, vice-président de la santé et des initiatives communautaires au YMCA du Grand Moncton.

Il assure que l’argent déposé dans les parcomètres du coeur peut avoir un impact réel chez des personnes qui veulent sortir de la rue.

«Par exemple, les fonds peuvent aider à défrayer les coûts d’une pièce d’identité pour une personne qui veut obtenir de l’aide, ou pour une autre qui veut verser un dépôt pour un appartement», affirme le porte-parole.

Anne Poirier Basque, directrice générale de Moncton Centre-ville, estime que cette méthode de collecte de dons fonctionne et qu’elle permet d’intéresser la population à l’enjeu de la mendicité.

Il ne s’agit pas de chasser les mendiants du centre-ville, selon elle, mais son organisme, qui oeuvre à la revitalisation du centre-ville de Moncton, reconnaît que la mendicité représente un problème pour les commerçants.

«Il y a des mendiants qui sont un peu agressifs. Dans les années passées, il y en a qui demandaient de l’argent aux gens qui mangeaient sur les terrasses des restaurants, ou qui suivaient les gens. On voulait décourager ça», dit la directrice générale.

Elle estime que les dons directs aux mendiants ne font que perpétuer le problème de la mendicité.

«La mendicité est toujours là, mais on veut que les gens réalisent qu’il y a des options s’ils ne veulent pas donner.»

Sam Taylor, jeune itinérant et musicien de rue à ses temps libres, est plutôt indifférent face à ces parcomètres jaunes.

Depuis quelques années, il vit dans la rue et dort où il le peut.

Sam Taylor, jeune musicien, vit dans la rue. – Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau

«Je ne sais pas, je pense que les gens donnent de leur argent où ils le veulent. Des fois ils en donnent aux musiciens parce qu’ils apprécient leur musique, des fois ils les donnent aux mendiants parce qu’ils veulent les aider même s’ils n’ont pas de talent musical», dit le jeune homme, avec un sourire en coin.

Il estime que les parcomètres ne changeront pas les habitudes de ceux qui aiment donner aux sans-abri.

«Peut-être que certaines personnes veulent donner de l’argent à une machine, mais je crois que les gens veulent aider les gens directement. Ils aiment avoir un visage devant eux, ils aiment voir la personne que leur argent va aider», dit Sam Taylor.