Des pêcheurs de Shippagan exaspérés: «le pont est tout le temps brisé»

Le pont-levis reliant Shippagan à l’île Lamèque est forcé une fois de plus de rester dans sa position carrossable. Bloqué partiellement depuis 14h30, l’infrastructure ne pourra être levée pour permettre la circulation maritime en raison d’une défaillance technique. Une situation qui exaspère de plus en plus les pêcheurs dont les flottilles occupent le Port de Shippagan.

Selon nos informations, le pont devait être accessible à une seule voie jusqu’à 21h pour les véhicules lundi. Impossible aussi de le lever pour permettre aux bateaux de pêche de circuler librement sur la baie.

Jean-Roger Savoie est propriétaire du Rémi Nathan. Lui et son équipe pêchent le crabe des neiges ainsi que le homard. Alors que la saison bat son plein, le propriétaire du bateau peine à contenir son découragement à l’effet de voir à nouveau le pont bloqué pour la circulation maritime.

«Si le pont n’est pas débloqué rapidement, je ne pourrai pas aller pêcher demain. Ça va être une grosse journée d’ouvrage de perdue, d’autant plus que je bénéficie d’un quota de pêche global, et non individuel», souligne M. Savoie au bout du fil.

Au cours des dernières années, le pêcheur dit avoir eu à faire face à cet inconvénient plusieurs fois, tout comme ses collègues d’ailleurs.

Le pont montre des signes de vétusté évidents, signale-t-il, faisant craindre tant pour la sécurité des automobilistes que celles des pêcheurs.

Au début du mois, Radio-Canada rapportait qu’une résidente de Miscou avait eu la malchance de voir une pièce de métal se soulever du pont et crever l’un des pneus de sa voiture.

«Même nous, quand nous passons en-dessous, nous avons toujours peur qu’une avarie arrive. Le pont est tout le temps brisé», peste Jean-Roger Savoie.

Pour lui, cela ne fait aucun doute: il faut un pont neuf. Et le plus rapidement possible, insiste-t-il.

«Ce pont-là a fait son temps. C’est très désagréables pour les pêcheurs qui doivent passer en-dessous tous les jours durant la saison de la pêche. On ne sait jamais quand est-ce qu’il va être bloqué. Ça fait déjà plusieurs années qu’on parle d’en construire un nouveau. Il faudrait qu’on passe de la parole aux actes et que les gouvernements arrêtent de faire la sourde-oreille», soutient-il.