Sur les traces des Acadiens à Mount Allison

L’histoire des anciens étudiants acadiens de l’Université du Mount Allison est maintenant accessible au grand public sur une toute nouvelle plateforme web. Grâce à une rigoureuse recherche dans les archives de l’université, les traces d’une présence acadienne ont été répertoriées aussi loin que les années 1920.

Renée Belliveau, diplômée de l’Université Mount Allison à Sackville, a mené ce projet pendant plus d’un an avec l’archiviste de l’université et son patron, David Mawhinney.

Le site web fraîchement lancé s’intitule L’histoire des Acadiens à l’université Mount Allison et permet un libre accès aux découvertes des chercheurs.

C’est à travers des archives, des photos et une panoplie de sources internet, que le public est à même de découvrir les histoires qui ont fait vibrer les étudiants acadiens, et ce, depuis près de 100 ans.

Lorsque Renée Belliveau se fait proposer par David Mawhinney de mener cette recherche, elle s’emballe à l’idée de raconter des histoires inconnues du public «J’ai sauté sur l’occasion parce que c’était quelque chose qui me tenait à coeur».

Elle espère maintenant que le site procurera un sentiment de fierté aux Acadiens.

La chercheuse du projet «L’histoire des Acadiens à l’Université Mount Allison» Renée Belliveau. – Gracieuseté: Université Mount Allison

Mme Belliveau a fouillé chaque recoin des archives et investigué auprès des étudiants et des membres du personnel de l’université.

Elle a interviewé plusieurs personnes de la communauté afin de répertorier des trésors cachés. La plus étonnante histoire trouvée étant celle d’Aurore Bourque, première Acadienne à recevoir un diplôme à Mount Allison.

Eh oui!, ce n’est pas un homme, mais bien une femme qui fut le premier Acadien à compléter son cursus universitaire dans cette université. Elle décrocha un baccalauréat en français en 1932.

«Les Acadiennes n’avaient pas nécessairement de place pour obtenir un diplôme universitaire dans les régions francophones», explique-t-elle.

C’est pour cette raison qu’Aurore Bourque s’est inscrite à Mount Allison. À l’époque, l’établissement postsecondaire des Acadiens est le collège Saint-Joseph, d’ailleurs première université francophone des Provinces atlantiques.

Le collège Saint-Joseph était toutefois réservé aux hommes. Les rares Acadiennes qui ont l’occasion de faire des études supérieures à l’époque vont au Québec.

Le chancelier de l’université, Harold Roy Crabtree, remet un doctorat honorifique en droit à Roméo LeBlanc le 9 mai 1977 – Gracieuseté: Archives de Mount Allison

Il a fallu attendre 1943 pour que le collège Notre-Dame d’Acadie ouvre ses portes aux femmes, soit 10 ans après qu’Aurore Bourque ait obtenu son diplôme.

Toujours dans la thématique des «premiers», Renée Belliveau et David Mawhinney ont enquêté sur le doctorant Ernest René Richard. Il est le premier professeur acadien à Mount Allison, où il enseigne des cours de loi dans les années 1920 et 1930.

M. Richard devient plus tard le maire de Sackville.

L’exposition virtuelle publie plusieurs témoignages des gens de la communauté.

Mme Belliveau a discuté avec Alex Fancy, professeur retraité de français et d’art dramatique. Il est d’ailleurs le fondateur de la troupe de théâtre bilingue Tintamarre de Mount Allison.

Les deux chercheurs ont aussi discuté avec Monika Boehringer, ancienne professeure de français et experte en écriture chez les femmes acadiennes.

Renée Belliveau travaille aux archives de cette université depuis septembre 2018. Le poste fait partie du programme Jeunesse Canada au travail.