Rampe de halage du chantier naval: Fredericton rejette l’offre d’Ottawa

Le gouvernement Higgs n’a aucune intention d’investir dans l’achat d’une rampe de halage au chantier naval de Bas-Caraquet, et ce, même si le gouvernement fédéral est prêt à payer la presque totalité de la facture.

Malgré l’offre d’Ottawa, le gouvernement provincial confirme qu’il n’investira pas de 800 000$ à 1 million$ pour une rampe de halage au Centre naval du Nouveau-Brunswick.

Lundi, Serge Cormier, député fédéral d’Acadie-Bathurst a tenu une conférence de presse pour annoncer que son gouvernement est prêt à investir jusqu’à 4 millions $, soit environ 80% des coûts, pour acheter une rampe de halage d’une capacité de 600 tonnes, une infrastructure considérée comme étant essentielle au développement de nouveaux projets par le groupe Océan, l’un des principaux locataires du Centre naval.

Le député Cormier a invité le gouvernement provincial, qui est le propriétaire des lieux, à payer la différence.

La semaine dernière, le premier ministre Blaine Higgs a annoncé que son gouvernement souhaitait mettre en œuvre une nouvelle vision qui n’exige pas «une contribution financière des contribuables pour rester à flot.»

L’argent du fédéral proviendrait d’une enveloppe de 10 millions $ promis par le fédéral en 2015.

En entrevue avec l’Acadie Nouvelle mardi après-midi, Hélène Bouchard, présidente de la Société de développement régional du Nouveau-Brunswick, une société de la Couronne, a précisé que les analyses du plan d’affaires soumis par le Groupe Océan ne supportent pas des investissements majeurs dans une rampe de halage.

Depuis 2015, la province, par le biais de la SDR, a investi près de 30 millions $ dans le Centre naval de Bas-Caraquet dans la construction et rénovation de certaines infrastructures et l’achat de nouvelles pièces d’équipement, dont un ber cavalier rappelle Mme Bouchard.

«Au cours des derniers mois, on s’est penché sur la rampe de halage. À ce jour, on n’a pas de plan d’affaires qui supporte des investissements dans une rampe de halage.»

Les réponses de Mme Bouchard à la plupart de nos questions ont tourné autour d’une variante du même thème, dont celle qui cherchait à en savoir plus sur les éléments du plan d’affaires qui ont permis à la SDR de tirer cette conclusion.

Le Groupe Océan demande l’achat d’une rampe de halage depuis plusieurs années. L’entreprise québécoise termine bientôt la construction d’une cale sèche à Bas-Caraquet. Philippe Filion, directeur des affaires publiques et du développement des affaires au Groupe Océan a récemment avoué que la compagnie n’a pas encore déniché de contrats par la suite.

Cependant, Océan a récemment remporté un contrat majeur du fédéral pour construire quatre remorqueurs qui seront utilisés par la Défense nationale. Des parties du contrat du chantier de l’Île-aux-Coudres pourraient être envoyées à Bas-Caraquet, à condition d’avoir accès à la rampe d’une capacité de 600 tonnes, a affirmé M. Filion la semaine dernière.

Bien que tout semble indiquer que la province n’investira pas dans cette infrastructure, Mme Bouchard estime que les investissements gouvernementaux ont porté leurs fruits.

«Si vous vous êtes rendus au Centre dernièrement, vous auriez vu que ça roule pas mal. Vous allez voir qu’il y jusqu’à 125 personnes qui travaillent sur le site pour différentes entreprises. Il y a la levée et la descente de 120 bateaux par année et différentes entreprises réparent et fabriquent des bateaux. Ça roule bien pour le moment. Nous continuerons de soutenir les activités au centre à l’avenir.»

La Société de développement régional est sous la responsabilité de la ministre Andrea Anderson-Mason, laquelle est députée dans la région de Saint-Jean (Fundy-Les-Îles-Saint-Jean-Ouest).