Jean-Marie Nadeau: «Le concept du maudit Québécois, il faut que ça arrête»

À 70 ans, Jean-Marie Nadeau est loin d’avoir dit son dernier mot. Le militant acadien vient de publier son cinquième livre, Québec-Acadie – Fini le niaisage, dans lequel il plaide en faveur d’un resserrement des liens entre les Acadiens et les Québécois.

La relation entre les Québécois et les Acadiens n’a pas toujours été évidente. Malgré de nombreux liens et affinités, les deux peuples se connaissent mal, évalue Jean-Marie Nadeau.

«Le Québec est ignorant et indifférent envers l’Acadie. De son côté, depuis les années 1970 avec Pierre Elliot Trudeau, l’Acadie est devenue anti-québécoise. Pour moi, c’est inacceptable. Le concept du maudit Québécois, il faut que ça arrête. Il ne faut pas mordre la main qui te nourrit.»

Par exemple, selon M. Nadeau, la valeur des échanges économiques entre le Québec et l’Acadie sont évaluées à plusieurs milliards de dollars.

«On parle probablement de 40 000 à 50 000 emplois. Ensuite, on dit aux Québecois, venez-nous voir cet été, on veut remplir nos poches avec votre argent et dès que vous partez, on va vous traiter de maudits Québécois.»

Le militant met de l’avant plusieurs idées pour améliorer les relations entre les «seuls deux peuples francophones de l’Amérique».

«Je pense que la présidence de la SANB devrait, tous les quatre ans, faire le tour des principaux partis politiques québécois pour faire un genre d’état sur la nation acadienne. On pourrait parler de ce qu’on apprécie, nos attentes et ce qu’on fait bien ensemble. J’aimerais aussi que le premier ministre du Québec fasse aussi le tour des provinces de l’Atlantique. Ça obligerait les premiers ministres de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard de faire un examen de conscience sur le peuple acadien. Il faut garder la marmite bouillonnante.»

Aux yeux de Jean-Marie Nadeau, il y a une exception majeure à la règle. Au cours des dernières années, plusieurs artistes acadiens ont réussi à laisser leur marque au Québec.

«Ils sont tellement talentueux. Ils ne demandent pas la permission de s’installer au Québec. Ils y vont et ils sont bien reçus. Il faudrait que cela puisse se transposer sur d’autres plans.»

L’auteur est bien conscient que son nouvel essai risque de faire réagir. A-t-il peur des réactions des autres minorités francophones lorsqu’ils apprendront qu’il affirme que les Québécois et les Acadiens sont les seuls deux peuples francophones en Amérique?

«Ça ne me dérange pas. Nous sommes les seuls deux peuples francophones qui se reconnaissent. Il n’y aura probablement pas de Congrès mondial de franco-ontarien par exemple. Les peuples Acadiens et Québécois sont les seuls deux peuples francophones et ils ont intérêt à se solidariser et à travailler plus ensemble, nonobstant les choix politiques des uns et des autres.»

«Ce n’est pas un livre mielleux ni baveux, mais je veux appeler un chat, un chat.»

Tout le monde en parle?

Jean-Marie Nadeau ne sait pas où cet ouvrage va le mener, mais il a un souhait en particulier.

«J’espère me rendre jusqu’à Tout le monde en parle, avec Denise Bombardier si possible, pour pouvoir discourir sur la nécessité de se solidariser», lance-t-il.

«J’espère que mon livre va bien cheminer. J’ai hâte de voir s’il sera bien reçu au Québec. Je sais que la Société Saint-Jean-Baptiste est prête à m’accueillir pour un lancement. Je sais aussi que (l’ancien député devenu animateur) Mario Dumont a un exemplaire de mon livre. J’espère que Denise Bombardier prendra le temps de le lire.»

En attendant une invitation de Guy A. Lepage, Jean-Marie Nadeau prévoit de lancer son livre à plusieurs endroits de la province au cours des prochaines semaines. Mardi soir, il était à Caraquet. Jeudi, un lancement aura lieu à compter de 17h au Centre culturel Aberdeen de Moncton.

Le 18 juillet, il sera au Bistro Coeur d’Artishow de Petit-Rocher et à la Librairie Matulu d’Edmundston le 19 juillet.