Des motards au grand cœur dans le Restigouche-Ouest

Ils aiment les motos, faire du bruit et les grandes randonnées. Ils ont également le cœur sur la main, amassant des fonds pour les enfants malades du Restigouche-Ouest.

Peut-être les avez-vous vus chevauchant leur moto le 1er juin. Une quarantaine de motocyclistes roulant en groupe entre Kedgwick/Saint-Quentin, Grand-Sault et Plaster Rock. Il s’agissait de la toute première activité officielle des Noisy Beast, un club de randonnée du Restigouche-Ouest.

«On est une gang qui aime faire de la moto, qui aime se promener en groupe. Et par moto, je veux dire que tous les types sont bienvenus, que ce soit les Harley, les Tourings, les Japonaises et même celles à trois roues», explique Marc Tremblay, porte-parole du groupe.

Lors de leur première sortie, baptisée pour l’occasion Ride like a beast, ils étaient une quarantaine, certains s’étant déplacés de régions avoisinantes pour prendre part à l’événement. Ceux-ci ont tenu à récolter des fonds pour un jeune garçon malade de Saint-Quentin, le petit Thomas Thériault qui est atteint du syndrome de Zellweger, une maladie dégénérative. Ils n’ont pas amassé des millions, mais tout de même un peu plus de 900$, une somme bien appréciée par la famille.

«Pour nous, ça fait plaisir d’aider. Et pour eux, c’est pratiquement le coût d’un voyage à Montréal pour les traitements du petit à l’hôpital. Ça comptait beaucoup pour eux, car on peut juste imaginer toutes les dépenses que ça engendre», exprime M. Tremblay, soulignant qu’un enfant différent sera ainsi sélectionné à chacune des sorties officielles du groupe.

Les Noisy Beast ont en effet épousé la cause des enfants malades.

Le club de randonnée de motocyclettes Noisy Beast du Restigouche-Ouest a tenu sa première activité (sortie) au début du mois. – Gracieuseté

«On trouve que tant qu’à faire des randonnées, aussi bien s’associer à une cause. Celle des enfants malades nous paraissait tout à fait appropriée, car l’histoire de chacun d’entre eux est toujours extrêmement touchante et ça vient nous chercher, nous motiver. On habite dans de petits villages où tout le monde est proche, alors on connaît tous un chum qui doit composer avec la maladie de son enfant. On facture donc un frais pour la randonnée et on accepte des fonds en cours de route de la part de la population si ceux-ci veulent bien donner», ajoute M. Tremblay.

Il s’agit aussi en quelque sorte d’une opération de sensibilisation. Car outre le plaisir de la randonnée en groupe et celui de donner un peu «au suivant», le club Noisy Beast se veut également une occasion pour ses membres de démystifier le passe-temps qu’ils adorent tant.

«Les bikers comme nous ont encore trop souvent mauvaise réputation après de la population puisqu’on nous associe à tort aux gangs de motards criminalisés. Disons qu’on se fait regarder un peu plus par les policiers que les rallyes de VTT et pourtant, on fait pratiquement la même chose, se promener. On veut donc sensibiliser les gens au fait qu’on peut faire de la moto et avoir l’air un peu tough, mais que dans le fonds on n’est que des amateurs de moto avec de grands cœurs», dit-il.

Leur sortie du 1er juin était la première de quatre activités organisées pour cette saison. Le 29 juin, le groupe proposera la Ride des vieux bikers, une sortie à laquelle les vétérans de la moto sont conviés, et particulièrement ceux originaires du Restigouche-Ouest qui ont déserté la région. Le groupe entend par ailleurs changer régulièrement son itinéraire. Il choisira des destinations différentes dans la province, voire même traverser jusqu’en Gaspésie. La prochaine escapade est prévue vers le centre et l’est du Restigouche (Campbellton et Dalhousie).