Les jeunes plus nombreux à être séduits par le vapotage

Une nouvelle étude menée par l’Université de Waterloo en Ontario démontre que le vapotage, c’est-à-dire l’inhalation de tabac par cigarette électronique, suscite de plus en plus d’intérêt chez les jeunes.

Les chercheurs ont observé une augmentation de 74% de 2017 à l’an dernier, passant de 8,4% à 14,6% chez les Canadiens de 16 à 19 ans.

À l’heure actuelle, il n’existe pas de donnée spécifique à la province, toutefois la coalition antitabac du Nouveau-Brunswick reconnaît que la situation inquiétante «monte en flèche», depuis environ trois ans.

«On est conscient que c’est un enjeu au Nouveau-Brunswick comme partout au Canada, a avancé Nathalie Landry, porte-parole de la coalition. On sait aussi que le vapotage est une des façons dont les compagnies de tabac attirent les adolescents. Quand on regarde la commercialisation de ces produits, c’est bien clair qu’ils ciblent spécialement les jeunes.»

Pourtant l’année dernière, le gouvernement canadien avait adopté une nouvelle loi interdisant la vente et la promotion qui rendent les produits de vapotage attrayants pour les jeunes.

«Mais la situation actuelle ne fonctionne pas, a souligné Rob Cunningham, analyste des politiques chez la Société canadienne du cancer. Après que la loi fut mise en vigueur, les grands fabricants, comme Jull, ont pénétré le marché canadien et ont continué à utiliser des techniques de marketing très agressives.»

La Société canadienne du cancer réclame donc de nouvelles réformes, à la suite des données alarmantes publiées cette semaine. Entre autres, elle demande au gouvernement de Blaine Higgs d’interdire la vente de produits de vapotage aromatisés dans les dépanneurs.

«Cette interdiction serait possible puisque c’était déjà le cas au Nouveau-Brunswick, avant mai 2018.»

M. Cunningham propose également à Ottawa de repousser l’âge de consommation légal à 21 ans.

«Aujourd’hui, il est trop facile pour les jeunes adolescents de côtoyer des amis, ou d’avoir des frères ou sœurs qui vapotent. On aimerait repousser l’âge légal afin de diminuer le risque de tentation», avait-il justifié.

Pendant ce temps, le mouvement «antivapotage» prend lui aussi de l’ampleur. La coalition antitabac tente actuellement de rallier les forces.

«La semaine dernière, nous avons organisé une rencontre par vidéoconférence afin de mettre en commun les ressources que chacun développe de son côté et en venir à une stratégie qui nous englobe tous», a résumé Mme Landry.

«Nous avons reçu des représentants du Réseau de santé Vitalité, du Réseau de santé Horizon, des gens du département de mieux-être de la province, de la Société canadienne du cancer, de l’Association pulmonaire du N. B., des médecins qui se sentent interpellés et aussi des représentants des Premières nations.»

En attendant le prochain rassemblement, la coalition encourage la population à consulter le site internet de Santé Canada histoire de bien s’informer.

«Ce qui nous inquiète le plus, c’est les non-fumeurs qui sont attirés au vapotage et qui développent par la suite une dépendance à la nicotine», a-t-elle conclu.

«On ne connaît pas encore les risques à long terme, mais c’est particulièrement alarmant chez les jeunes puisqu’on sait que leurs cerveaux sont encore en croissance jusqu’à l’âge de 25 ans.»