Encourager l’immigration francophone à Moncton

Accueillir davantage d’immigrants francophones dans la région permettrait de pourvoir des postes vacants, selon l’Association multiculturelle du Grand Moncton.

Il n’y a pas que les organismes acadiens qui désirent favoriser l’accueil d’immigrants francophones. Georges Nammour, président de l’Association multiculturelle du Grand Moncton, mieux connue sous le nom de MAGMA, y travaille aussi.

Son association facilite l’accueil d’immigrants et de réfugiés depuis les années 1980. Depuis, le potentiel d’emploi pour les immigrants francophones s’est accru au Nouveau-Brunswick, selon lui.

«Nous devons mettre l’accent sur l’immigration francophone parce qu’il y a un bassin (d’emploi) à exploiter, et parce que la province veut justement favoriser l’immigration francophone. C’est important pour nous de miser là-dessus», affirme le président de l’organisme, un Canadien d’origine libanaise, en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

L’Association multiculturelle travaillera dans ce sens avec l’aide d’autres organismes d’accueil d’immigrants basés à Moncton.

«Très simplement, on fait du lobbying auprès du gouvernement provincial, qui est très sensible à ça, et au niveau du gouvernement fédéral aussi, pour qu’ils nous écoutent.»

S’il est difficile d’attirer des immigrants dans les provinces moins urbaines, il est souvent encore plus problématique de les garder dans la région à moyen et à long terme. Ce n’est pas chose simple.

La réalité de notre province bilingue rend nécessaire une certaine connaissance de l’anglais, explique-t-il.

«D’intégrer les francophones est une chose, mais pour les garder au Nouveau-Brunswick et ne pas les voir partir vers le Québec, qui les attire comme un aimant… Il faut travailler fort pour leur donner des notions de langue anglaise.»

Myriam Mekni, directrice générale par intérim de l’Association, nous éclaire sur un autre obstacle à la rétention des immigrants francophones.

Le financement du fédéral devrait permettre à l’AMGM d’aider les étudiants internationaux, selon Myriam Mekni. – Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau

L’AMGM ne peut utiliser ses subventions fédérales que pour aider les résidents permanents et les demandeurs d’asile. Or, ces subventions représentent 90% du financement de l’organisme.

Les étudiants issus de l’extérieur du Canada – dont beaucoup fréquentent l’Université de Moncton – doivent aller voir ailleurs pour obtenir divers services, explique-t-elle.

«La réalité de la chose est que la plupart des immigrants francophones qui arrivent ici sont des étudiants de l’Université de Moncton. Ce serait peut-être meilleur si nos budgets nous autorisaient à servir les gens qui sont des étudiants internationaux. Pour le moment, ce n’est pas le cas.»

Elle affirme que plusieurs étudiants internationaux quittent vers le Québec après avoir obtenu leur diplôme à cause du manque de services pour: se trouver un logement, inscrire ses enfants à l’école, naviguer les sites web du gouvernement. La liste est longue.

Pour prévenir cela, le gouvernement fédéral devrait permettre à l’AMGM d’aider les étudiants internationaux en assouplissant les conditions de son financement, selon Myriam Mekni.

«Que ce soit les besoins de base ou les besoins plus complexes pour s’intégrer, ils sont toujours de nouveaux arrivants. Que ce soit un résident permanent ou un étudiant international, les besoins sont là.»