Affaire Larry’s Gulch: un ancien cadre de Brunswick News poursuit l’entreprise

Al Hogan, ancien chef d’édition du Times & Transcript, a entamé une poursuite de renvoi injustifié contre Brunswick News.

Les retombées de l’affaire Larry’s Gulch se font encore sentir.

La première manche du procès opposant Al Hogan à Brunswick News, qui regroupe les journaux de l’empire Irving, s’est jouée lundi matin, en Cour du Banc de la Reine, à Moncton.

Alan George Hogan a été mis à pied en février 2015 à la suite d’une enquête interne à Brunswick News, déclenchée par une requête de Canadaland sur la liste d’invités au chalet de pêche Larry’s Gulch.

Canadaland est un site web de nouvelles et un balado.

La présence à Larry’s Gulch de Murray Guy, ancien rédacteur adjoint du Times & Transcript, a causé de l’embarras à l’entreprise.

Les grandes lignes de cette enquête, publiées dans les trois quotidiens de l’entreprise le 16 février 2015, révèlent que Al Hogan aurait suggéré à Murray Guy de contacter le gouvernement pour modifier la liste des invités d’une retraite de 2013 à Larry’s Gulch afin que le nom de ce dernier n’y figure plus.

L’enquête était menée par le rédacteur en chef de Brunswick News, Patrick Brethour, avec l’aide de l’enquêteur interne Jason Green. Cette enquête a causé le renvoi d’Al Hogan, la démission de Murray Guy et la rétrogradation de John Wishart, qui était rédacteur en chef du Telegraph-Journal.

L’avocat de Hogan, Scott Ellsworth, tentera d’argumenter que la modification des informations a été faite pour que Murray Guy soit sur la liste des invités à son propre compte, plutôt que comme représentant de Brunswick News.

Ellsworth affirme donc que le renvoi de son client en février 2015 n’était pas fondé, et que les articles publiés par le journal sur l’affaire ont terni sa réputation.

Il soutient que Hogan a postulé à une douzaine d’emplois dans le milieu journalistique depuis, et qu’il n’a pu obtenir aucune entrevue.

Selon lui, la conduite de son client était sans reproche, et il cherche un dédommagement de la part de l’entreprise.

«Il a fait preuve d’une fidélité totale à son employeur et à ses intérêts, et il a agi selon le plus haut standard d’intégrité journalistique. Ils n’avaient pas de motif valable pour le congédier.»

Catherine Lahey, l’avocate de Brunswick News, affirme pour sa part que Al Hogan a agi de manière «malhonnête et trompeuse» envers l’entreprise.

Selon l’avocate, Al Hogan aurait dissimulé des informations en effaçant une partie d’une conversation par messagerie électronique avant de l’envoyer à l’enquêteur.

Il aurait ajouté des informations falsifiées.

«Le plaignant (Al Hogan) a été renvoyé puisque du 6 au 13 février, pour une semaine entière, il a intentionnellement et délibérément désinformé son employeur pendant qu’il détenait un poste avec de grandes responsabilités et digne d’une grande confiance», a dit Catherine Lahey.

Elle avance que son comportement menaçait de nuire à la réputation de Brunswick News et du journal Times & Transcript.

Plusieurs cadres de Brunswick News ont fait l’objet de l’enquête menée par l’enquêteur interne Jason Green, dont Al Hogan et John Wishart, ancien rédacteur en chef du Telegraph-Journal.

Les deux avocats s’entendent pour dire que les notes de l’enquêteur interne Jason Green ont depuis été «égarées».

Wishart a témoigné en cour lundi avant-midi. D’autres témoignages sont prévus cette semaine, et le procès pourrait durer jusqu’à cinq jours.

John Wishart est maintenant PDG de la Chambre de commerce du Grand Moncton et n’est plus à l’emploi de Brunswick News.

Al Hogan et son avocat ont refusé de commenter tant que l’affaire est devant les tribunaux. Catherine Lahey a également refusé de commenter pour les mêmes raisons. L’Acadie Nouvelle a contacté Wendy Metcalfe, éditrice en chef de Brunswick News, mais nous n’avons pas reçu de réponse.