Ces vacanciers qui laissent leurs déchets sur la plage

Malgré les efforts de sensibilisation, il y a toujours beaucoup de gens qui laissent leurs ordures sur les rivages. Des écologistes rappellent que le fait de ramasser ses déchets est une petite action qui fait une grande différence.

Alec Maillet-Haydock, jeune fermier de Richibucto-Village dans Kent, se rend presque quotidiennement à la plage de Cap-Lumière pour jouer du banjo. Vers 20h, après avoir rangé son instrument, il se promène sur le rivage avant de rentrer chez soi.

Ce qu’il observe le désole.

«Je trouve, de plus en plus, que les gens laissent traîner leurs déchets, et ce, malgré les efforts que tous font pour sauver la planète. Beaucoup de vacanciers ne pensent presque jamais à ramasser leurs déchets sur la plage et dans d’autres lieux publics.»

Alec Maillet Haydock, jeune fermier de Richibucto-VIllage, dénonce le fait que des gens laissent encore leurs ordures sur la plage, en 2019. – Archives

«Chaque soir je dois ramasser un six pack vide de bière en canette, des paquets de gomme, des verres et des sacs en plastique et même des chaises. Nommez-le, je l’ai probablement trouvé.»

En ramassant les ordures dans son petit coin de plage isolé, il ne peut pas s’empêcher de penser au reste de la côte est de la province, particulièrement aux secteurs prisés par les touristes.

«Tous ces déchets vont directement dans le détroit (de Northumberland). C’est un désastre.»

La plage de Cap-Lumière n’est pas un cas isolé. Des centaines de bénévoles de Dalhousie à Cap-Pelé participent chaque année à des collectes de déchets côtiers dans le cadre d’une initiative nommée Ménage ton rivage. Parrainé par l’organisme de Caraquet Gestion H2O, le projet a permis de ramasser, chaque année, 4300 livres de déchets sur 75 kilomètres de côte, depuis trois ans.

Julie Cormier, directrice générale de Vision H2O, souligne que les participants terminent toujours la journée de nettoyage avec bien des interrogations.

«Après les rassemblements, les gens se posent la question: pourquoi sommes-nous encore en train de ramasser autant de déchets, en 2019? Et puis comment peut-on sensibiliser les gens à l’impact du petit geste de jeter quelque chose par terre? On souhaiterait voir plus d’améliorations, mais il y a toujours des déchets, d’année en année», mentionne celle qui est à la tête de l’association du bassin versant de Cap-Pelé et Beaubassin-Est.

Heureusement, explique Mme Cormier, plusieurs citoyens emportent périodiquement des sacs en visitant les plages locales pour ramasser les ordures.

Des élèves de l’école communautaire Mgr-François-Bourgeoys de Shediac nettoient une section de la côte locale lors d’une activité de Ménage ton rivage, l’an dernier. – Gracieuseté

Les fossés le long des routes sont aussi jonchés de déchets.

«Cette année, j’ai nettoyé un fossé de ma région. Quelques jours plus tard, en conduisant au travail, j’y ai vu des déchets. Je savais qu’il n’y avait pas de déchets là quelques jours auparavant, parce que je les avais ramassés moi même. On ne peut faire autrement que se demander pourquoi. Et ça, c’est un cas parmi plusieurs.»

«On peut certainement faire mieux.»

Certaines ordures peuvent rester dans la nature pendant des centaines d’années avant de se décomposer. Une bouteille en plastique, par exemple, prend jusqu’à 1000 années à se dégrader complètement.

À l’échelle provinciale, selon les données de Gestion H2O, 42% des ordures proviennent du secteur récréatif, alors que 20% des items ramassés sont des produits du tabac. Les déchets provenant de l’industrie des fruits de mer comptent pour 10% des déchets ramassés.

Dans la région de Cap-Pelé, les participants au nettoyage de Ménage ton rivage ont vu une hausse du nombre d’élastiques pour pinces de homard sur les rivages.