Le déficit du Festival acadien est de 153 000$

Ce n’était déjà pas rose quand l’Acadie Nouvelle a dévoilé, en primeur, un déficit majeur pour le 56e Festival acadien de Caraquet de 2018. Le rose a tourné au rouge foncé, mardi soir, lors du dévoilement des états financiers.

Ne tournons pas autour du pot: le trou a été de 153 000$.

La direction du Festival a fait preuve de transparence durant son assemblée générale annuelle. De toute façon, les chiffres ne lui permettaient pas de faire autrement.

On a enregistré des dépenses de 925 000$ sur un budget estimé de 921 000$; les revenus ont été de 772 000$. Le conseil d’administration avait surestimé de 56 000$ les entrées en commandite. Les ventes de billets et d’alcool ont chuté de plus de 50 000$. Sans oublier un retrait à la dernière minute d’une subvention de 35 000$ de la part de la Société de développement régional et une baisse d’achalandage touristique de 7% dans le Grand Caraquet en août.

Si un plus un font deux, l’organisation du Festival acadien de Caraquet a donc dû travailler avec 150 000$ de moins en revenus et, malgré un effort considérable pour réduire les dépenses, elle n’a pas pu sortir la tête hors de l’eau.

Le président Philippe Chiasson a mentionné que la situation financière a forcé la direction à revoir plus d’une centaine de points afin de réduire son budget pour 2019 à 750 000$. On a ramené les billets individuels tout en conservant la passe-bracelet vivement critiquée (même si 1800 ont trouvé preneur), le prix des billets a été ajusté et on présentera sous peu des spectacles hors festival avec de grosses têtes d’affiche.

Le président sortant du Festival acadien de Caraquet, Philippe Chiasson. – Acadie Nouvelle: Réal Fradette

«Un festival comme le nôtre peut contrôler ses dépenses, mais on ne peut pas contrôler les revenus. C’est ce qui nous fait mal. On ne pourrait pas absorber une deuxième année comme ça», a-t-il expliqué.

Néanmoins, la mouture 2018 a enregistré 67 000 entrées, dont plus de 13 400 payantes, contre 75 000 et 11 000 entrées payantes l’année précédente, marquée par les célébrations du 150e de la Confédération canadienne.

«Nous nous sommes retroussé les manches, nous avons été à l’écoute de la communauté, de nos partenaires et de nos visiteurs. Nous avons apporté les changements nécessaires avec un budget responsable afin d’éviter un déficit pour le 57e Festival qui s’en vient. Tout ça nous force à réfléchir afin de demeurer pertinents. Il ne faut pas oublier qu’il y a eu plus de 100 spectacles dans la région en 2018. On s’est arraché le même monde», a mentionné le président avant de laisser son poste à Marc Blanchard.

Le Festival acadien de Caraquet est-il en train de devenir un festival parmi tant d’autres? Il n’y a pas si longtemps, il trônait au sommet des rendez-vous estivaux. Aujourd’hui, la compétition est très forte et elle vient même de l’intérieur, avec le Rendez-vous de la fierté Acadie Love, l’OktoberFest des Acadiens, etc.

Concernant l’avenir de ce grand rassemblement mettant en vedette la relève francophone et acadienne de la musique, M. Chiasson estime que la présente édition devrait donner un portrait réel de la situation. Doit-on réévaluer la formule ou la durée? Comment doit-on demeurer pertinent tout en étant financièrement responsable? Ce sera au conseil d’administration de répondre à ces questions, juge-t-il.

«Nous demeurons le plus grand festival en Atlantique et aucun autre festival n’a notre mission, précise Philippe Chiasson. Mais est-ce que deux semaines de festival, c’est trop? Je crois que cette année sera déterminante pour que le conseil d’administration prenne les décisions qui s’imposent. On voit plein de festivals et de gros festivals qui ont connu des difficultés et qui ont ramené le tout en une fin de semaine. Je ne dis pas qu’il faut faire ça avec le Festival acadien, mais peut-être il est temps de revoir les options. Ça prend des changements.»