Un Montréalais souhaite ressusciter le ciné-parc de Caraquet

Un jeune entrepreneur de la région de Montréal est intéressé à acquérir les installations du Ciné-parc Bellevue de Caraquet. Son souhait est de le revamper avec notamment l’acquisition un projecteur numérique et d’y relancer l’activité des films en plein air en 2020.

On est encore loin de démarrer la machine à maïs soufflé, prévient Jean-Philippe Groleau, dans un échange Facebook avec l’Acadie Nouvelle. Tout est encore au stade très préliminaire, avertit-il. Cependant, les premiers pourparlers sont optimistes, a-t-il avoué.

L’intérêt de sa page Facebook «Pour la réouverture du Ciné-parc Bellevue de Caraquet» ne dément pas. En moins d’une semaine, près de 3000 personnes ont aimé. Certes, on est encore loin de son objectif de 50 000, mais le principal intéressé a été estomaqué par cette réponse.

«Je suis un jeune trentenaire de Montréal. Je rêve depuis plusieurs années d’avoir mon propre ciné-parc et, par le fait même, d’en sauver un de la fermeture. J’ai vu passer l’annonce du Ciné-parc Bellevue à vendre. Je compte me donner l’été pour bâtir un plan d’affaires solide et obtenir un prêt pour le projecteur numérique», a-t-il expliqué.

M. Groleau est déjà en contact avec la propriétaire actuelle, Odette Albert. Dans les prochains jours, ils vont discuter de chiffres, précise-t-il.

«Je veux voir si les dernières saisons d’opérations ont été rentables. J’ai aussi créé la page Facebook pour voir s’il y avait toujours un engouement pour le ciné-parc à Caraquet. Je suis sous le choc de voir la vitesse à laquelle les gens ont réagi. Si tout avance à aussi bon rythme, on pourrait espérer une réouverture pour 2020. Mais pour l’instant, c’est encore un début de projet. J’ai la tête pleine de bonnes idées», poursuit M. Groleau, qui tient à ajouter qu’on est encore bien loin d’une entente.

Joint par l’Acadie Nouvelle, Mme Albert a indiqué que les échanges entre les deux parties sont encore au stade préliminaire. Elle souhaite cependant le retour prochain de cette activité qui a longtemps attiré les cinéphiles, bien installés dans le confort de leur automobile.

Le Ciné-parc Bellevue de Caraquet a fermé ses portes après la saison estivale 2012. Le transfert de la technologie des films sur ruban 35 mm au numérique demandait à l’époque un investissement de 125 000$. Aujourd’hui, le prix d’un tel équipement avoisine les 100 000$.

Autrefois fort populaire avec des entreprises à Lamèque, à Caraquet et à Néguac, la sortie au ciné-parc dans la Péninsule acadienne est maintenant réduite au Ciné-parc Satellite de Bois-Blanc, entre Paquetville et Saint-Isidore, qui a célébré son 35e anniversaire en 2018. Son propriétaire Gabriel Foulem a investi dans un appareil numérique en 2013.

Seules deux autres attractions du genre sont ouvertes dans la province. Le Ciné-parc Neptune de Shediac a ouvert ses barrières en 1960, a été fermé pendant cinq ans avant une réouverture en 1990 et s’est doté d’un deuxième écran en 2018.

Le Sussex Drive-In est en fonction depuis 1966.

Les deux se sont dotés de projecteur numérique récemment.

«Je réalise maintenant à quel point les gens de Caraquet sont encore très attachés à leur ciné-parc. Ils en parlent en bien, avec détails, comme si c’était hier. C’est très touchant. J’espère que tout va fonctionner», se croise les doigts Jean-Philippe Groleau.