Agressions sexuelles sur une personne mineure: Dillon Turpin condamné à sept ans de prison 

Le juge Troy Sweet s’est rangé derrière la recommandation de la Couronne en imposant une peine de sept ans de prison à Dillon Turpin. Le jeune homme de Moncton a plaidé coupable à des accusations d’agressions sexuelles sur une personne de moins de 16 ans, de séquestration, de production et de possession de pornographie infantile.

Le juge a commencé par rappeler les faits, qui se seraient produits entre 2017 et 2018. Dillon Turpin, aujourd’hui âgé de 27 ans, avait été engagé par la mère de la victime pour garder son garçon. La victime, dont l’identité est protégée par un interdit de publication, était âgée entre 11 ans et 12 ans.

Dillon Turpin a reconnu lui avoir fait subir des attouchements sexuels, des relations sexuelles anales et orales, lui avoir montré de la pornographie infantile et lui avoir offert un jouet sexuel à Noël. Il avait plaidé coupable à quatre des neuf chefs d’accusation portés contre lui.

À la suite d’une plainte déposée par la maman, un mandat de perquisition a été exécuté le 28 février dans une résidence de la cour Aspenrose à Moncton, où Dillon Turpin a été arrêté. Plusieurs photos et vidéos de la victime à caractère sexuel ont été retrouvés dans les disques durs appartenant à l’ancien gardien.

Le juge Troy Sweet a ensuite lu à voix haute une lettre rédigée par la jeune victime.

«J’ai le sentiment que tout ça a ruiné ma vie», écrit-elle.

«Je n’ai pas beaucoup dormi depuis ces incidents. Le stress m’empêche d’aller à l’école. J’ai perdu beaucoup d’amis, je repousse mes proches. Je me sens en colère, anxieux, j’ai perdu confiance envers les personnes plus âgées. Depuis l’incident, je ne quitte plus la maison, je m’enferme souvent dans la salle de bains car j’ai peur et je ne me sens plus en sécurité. Je me sentirais mieux si je quittais Moncton.»

Le juge a retenu une série de circonstances atténuantes, notamment le fait que M. Turpin ait plaidé coupable évitant ainsi à sa victime d’avoir à témoigner lors d’un procès, le fait qu’il s’agisse de son premier crime, qu’il ait exprimé des remords et qu’il souffre du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme qui n’a été diagnostiquée que tardivement.

Parmi les facteurs aggravants, il cite le jeune âge de la victime et les séquelles dont elle souffre, la position d’autorité dont a profité l’agresseur, le degré de préparation et de manipulation dont il a fait preuve, et la gravité des agressions.

Troy Sweet note que Dillon Turpin a «manipulé sa victime sur une longue période de temps», et a «préparé, filmé et presque chorégraphié ces actes».

Le juge a rejeté la soumission de l’avocat de la défense qui suggérait l’imposition d’une peine de quatre ans, rappelant que nos enfants sont «les membres les plus précieux et les plus vulnérables de notre société».

Face à ce type de crime, les principes de dissuasion et de dénonciation prennent le dessus, explique-t-il.

«Séparer les prédateurs sexuels du reste de la société doit prévaloir sur toute autre considération.»

La sentence est accompagnée d’une ordonnance d’interdiction de 20 ans, qui empêchera notamment M. Turpin d’occuper un emploi qui le placerait en relation de confiance ou d’autorité vis-à-vis de personnes âgées de moins de seize ans, de se tenir loin des parcs, des écoles ou des terrains de jeux, d’être en présence d’un enfant sans la présence d’un autre adulte, de communiquer avec une personne âgée de moins de 16 ans et restreindra son accès à internet.

Tout contact avec la victime et sa famille lui est désormais interdit. Lors de sa précédente comparution, Turpin avait exprimé ses regrets.

«J’ai trahi sa confiance et j’en suis désolé. J’espère qu’il pourra trouver l’aide et les conseils dont il a besoin.»