Dossier: Comment lutter contre la malbouffe?

Confrontés à une épidémie d’obésité, de plus en plus de pays font le choix d’une approche musclée pour faire la guerre à la malbouffe et favoriser le mieux manger. Tour d’horizon.

Taxes sur la malbouffe

Au Mexique, où 74% des citoyens sont victimes de surpoids ou d’obésité, le gouvernement a décidé de passer de la prévention à l’action coercitive. Depuis 2014, un impôt spécial taxe de 1 peso par litre les boissons sucrées et de 8% les aliments trop riches en calories.

Quelques années plus tard, l’impact sur les ventes reste limité. Plusieurs experts de la santé publique estiment que l’approche du Mexique ne va pas assez loin, tandis que du côté des industriels, on accuse la mesure d’appauvrir les ménages modestes.

Avertissements sur les paquets de croustilles

Depuis 2016, le Chili interdit la vente de bonbons qui attirent les jeunes consommateurs avec des jouets. Fini les Kinder Surprise et autres menus enfants de McDonald’s, fini les personnages attrayants des boîtes de céréales sucrées.

Le pays d’Amérique du Sud impose aussi l’affichage d’un panneau d’avertissement sur les produits dont la composition dépasse une certaine quantité de sucres, de gras saturés, de calories ou de sel.

Au Chili, un panneau d’avertissement est apposé sur les produits dont la composition dépasse une certaine quantité de sucres, de gras saturés, de calories ou de sel.

Encadrement de la publicité

À Londres, les affiches pour les aliments et boissons riches en matières grasses, sel et sucre, seront désormais retirées des transports en commun londoniens. Au Royaume-Uni, les publicités pour ce type de produits à destination des enfants sont déjà interdites à la télévision, dans la presse et sur internet. La règle vaudra pour tous les médias ciblant les adolescents de moins de 16 ans, ou dont les mineurs constituent plus de 25 % de l’audience

Étiquetage nutritionnel

En France, le label Nutri-Score permet depuis 2017 de pointer les excès de sel, de sucre et de gras dans la nourriture industrielle. Ce système d’étiquetage facultatif est basé sur cinq lettres (A, B, C, D, E) et un code couleur, du vert au rouge, selon la qualité nutritionnelle de l’aliment. Il simplifie la lecture, permettant aux consommateurs de s’informer d’un seul coup d’œil et de s’orienter vers des options plus santé, tout en incitant les fabricants de produits alimentaires à rendre leurs produits plus sains pour avoir de meilleures notes.

En France, le label Nutri-Score permet aux consommateurs de mieux s’y retrouver.

Affichage des calories obligatoire

Depuis 2017, les chaînes de restaurants de la province de l’Ontario doivent afficher le nombre de calories sur les menus des restaurants et plusieurs. Les petits restaurants sont cependant exemptés en raison des coûts pour satisfaire aux exigences. Des règlements similaires existent aussi aux États-Unis et dans plusieurs États australiens.

Éloigner les restaurants-minute des écoles

Plusieurs municipalités tentent de restreindre l’accès à la malbouffe près des établissements scolaires. Detroit, au Michigan, interdit désormais l’installation de casse-croûtes ou de restaurants à moins de 150 mètres d’une école et interdit le service à l’auto dans plusieurs quartiers. Au Québec, la municipalité de Saint-Apollinaire a modifié son règlement de zonage afin d’interdire l’implantation de dépanneurs, de stations-service et de restaurants à proximité de la nouvelle École des Sentiers.

Quels conseils pour en finir avec la malbouffe

  • Planifier ses repas, avoir son déjeuner préparé et des collations santé à portée de main reste l’un des meilleurs moyens de faire face à une compulsion alimentaire ou à une envie de grignoter.
  • Se méfier des publicités et des formules marketing du type «naturel», «100% pur», «riche en antioxydants», «sans sucre», «détox»…
  • Privilégier les aliments frais ou les moins transformés possible, sans emballage ou avec une liste d’ingrédients courte et facile à comprendre.
  • Réapprendre à faire les commissions et à cuisiner avec des produits de base
  • Boire beaucoup d’eau vous aidera à ne pas avoir faim et à équilibrer le niveau de sucre de votre sang. Pour éviter de craquer pour de la malbouffe, buvez tout au long de la journée

L’obésité en quelques chiffres

  • Le nombre d’achats d’aliments transformés a doublé en 70 ans, représentant 60% des achats d’aliments dans les familles.
  • Plus de 90 % des publicités de boissons et d’aliments visionnées en ligne par les enfants et les jeunes concernent des produits mauvais pour la santé.
  • Au Nouveau-Brunswick, le nombre de chirurgies bariatriques est passé de 127 en 2009 à 398 en 2018.
  • Les coûts de l’obésité sur le système de santé canadien sont estimés à 7 milliards $.
  • Le taux d’obésité a triplé chez les jeunes Canadiens depuis les 30 dernières années.