Impôt foncier: quand la valeur de sa maison explose sans raison apparente

Jean-Pierre Mallet, propriétaire d’une résidence à Saint-Simon, près de Caraquet, se demande bien pourquoi la valeur de sa maison a carrément explosé en quelques années seulement. Il entend contester la décision mercredi devant la Commission d’appel en matière d’évaluation et d’urbanisme du Nouveau-Brunswick.

Jean-Pierre Mallet aura droit à une audience mercredi en début d’après-midi à Bathurst. En somme, la valeur de sa maison est passée de 103 100$ en 2015 à 163 600$ en 2017. Aujourd’hui, elle est évaluée à 166 700$.

Le terrain et la résidence de M. Mallet sont situés au coeur de Saint-Simon. En 2009, le terrain était évalué à 47 200$. Cette même année, M. Mallet s’est fait construire une nouvelle maison. De la fausse pierre a été ajoutée sur le revêtement extérieur. L’ancienne maison qui se trouvait sur le terrain auparavant a été démolie.

Quelques années plus tard, il a fait construire un garage, mais l’intérieur n’a pas été complété, dit-il.

Tous ces travaux ont fait que le terrain a été évalué à 103 500$ en 2015 par Service NB. Le propriétaire ne se fait aucune illusion. Il s’attendait à ce que le tout prenne de la valeur.

Ce qu’il ne comprend pas, ce sont les raisons pour lesquelles le gouvernement provincial a décidé de faire bondir la valeur du terrain de 103 500$ en 2015 à 159 600$ en 2016. Aucuns travaux n’a eu lieu durant cette période, explique-t-il.

«Pourquoi y a-t-il eu une aussi grande hausse?»

En comparant la valeur de son terrain avec celle d’autres propriétés à peu près équivalentes à la sienne dans la même région, M. Mallet a conclu que l’augmentation ne reflète pas la réalité marchande du marché immobilier Saint-Simon.

«Si je veux vendre un jour, ce serait sans doute à perte. Je ne pourrais jamais avoir la valeur.»

Avec l’augmentation de la valeur a suivi une hausse des taxes foncières. Au printemps, il a payé environ 1400$ contre 724$ en 2009.

«L’idéal pour moi, c’est que je voudrais leur faire comprendre que je ne suis pas prêt à payer autant pour pouvoir vivre ici. Pour moi, une valeur d’environ 97 000$ serait raisonnable.»

Le propriétaire ignore si son terrain a été touché dans la foulée du scandale des évaluations foncières. En 2017, des fonctionnaires de Service NB ont eu recours à une fausse formule de calcul pour faire gonfler artificiellement la facture d’impôts fonciers de certains propriétaires. Certaines maisons de la province se sont vues attribuer une hausse de valeur de plus de 10%.

À la suite de ce fiasco, la vérificatrice générale, Kim MacPherson, a émis 22 recommandations à destination de Service NB.