Don d’organes: les Néo-Brunswickois sont en faveur du consentement présumé

Plus de quatre Néo-Brunswickois sur cinq sont pour le consentement présumé en ce qui concerne le don d’organes, selon un récent sondage.

D’après la firme Recherche MQO, l’appui au consentement présumé est encore plus élevé au Nouveau-Brunswick qu’en Nouvelle-Écosse où une loi en la matière vient d’être adoptée.

En vertu de cette loi, les Néo-Écossais seront considérés comme de potentiels donneurs d’organes sauf s’ils ont préalablement indiqué leur refus.

Selon MQO, 75% des Néo-Écossais appuient cette mesure. Au Nouveau-Brunswick, ils représentent 83% de la population, tout comme à Terre-Neuve-et-Labrador.

Les citoyens de l’Île-du-Prince-Édouard sont pour le consentement présumé à 79%.

«Le Nouveau-Brunswick appuie fortement ce genre de loi», a déclaré le vice-président de la firme de sondage, Stephen Moore.

«Cet appui est fort dans chaque région et dans chaque groupe démographique.»

Dans la province, le consentement présumé est plus populaire chez les hommes (85%) que chez les femmes (81%) ainsi qu’auprès des 18 à 34 ans (92%) comparativement au plus de 55 ans (75%).

Ceux dont le revenu annuel est entre 50 000$ et 75 000$ (87%) et ceux qui font plus de 75 000$ par année (90%) sont aussi plus ouverts à cette idée que ceux qui gagnent moins de 50 000$ (78%).

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Ted Flemming, n’a pas exclu dans le passé la possibilité d’imiter la Nouvelle-Écosse.

En avril, M. Flemming avait confié que l’idée valait «la peine d’être considérée» et qu’il avait demandé à son équipe d’étudier la question.

Mardi, une porte-parole du gouvernement a indiqué que le ministère «continue de surveiller la mise en œuvre du programme en Nouvelle-Écosse et d’examiner les possibilités pour notre province».

Selon la directrice néo-brunswickoise de l’Association canadienne des greffés, Kristen Wheaton, les résultats du sondage de MQO correspondent à ce qu’elle entend sur le terrain.

«Quand nous parlons aux gens, la très grande majorité d’entre eux sont pour (le consentement présumé). Je suis heureuse de voir que plusieurs sondages disent exactement la même chose et reflètent ce que nous entendons de la part de la population.»

«C’est très excitant d’avoir ces recherches. Espérons que ça va marcher (pour convaincre) notre gouvernement provincial», dit-elle.

Mme Wheaton, qui vit à Saint-Jean, a elle même été greffée du foie en 2011 à l’âge de 27 ans, quatre années après qu’on lui ait diagnostiqué une maladie rare.

«La semaine prochaine, ça sera le 8e anniversaire de ma greffe et j’ai un fils âgé de 9 mois. Mon donneur m’a donc sauvé et m’a permis d’avoir un enfant.»

Au Nouveau-Brunswick, les citoyens sont invités à signaler leur volonté de donner leurs organes après leur mort au moment de renouveler leur carte d’assurance-maladie.

En 2017, près de 330 000 Néo-Brunswickois étaient des donneurs.

La Nouvelle-Écosse est la première juridiction en Amérique du Nord à adopter le consentement présumé.

La Belgique, la France, l’Espagne, l’Italie et les pays scandinaves ont cependant tous déjà recours à cette façon de faire.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le don d’organe est entre 25% et 30% plus élevé dans les pays qui ont adopté cette pratique.

MQO a réalisé son sondage au téléphone entre le 23 avril et le 6 mai. 400 Néo-Brunswickois y ont participé. La marge d’erreur pour la portion néo-brunswickoise du sondage est de ±4,9%, 19 fois sur 20.