Des belvédères qui en mettent plein la vue

Situé à une enjambée à peine du Restigouche, le secteur de Matapédia-les-Plateaux en Gaspésie propose depuis peu au public de visiter des belvédères aux formes pour le moins excentrique. Avec ces nouvelles structures, la région espère tirer son épingle du jeu dans la lucrative économie touristique de la Gaspésie.

Tout comme le Restigouche, le tourisme constitue un apport économique crucial pour la Gaspésie. Mais comme ici, les forces sont souvent inégales selon les secteurs. Si le Restigouche doit faire compétition aux plages de Shédiac et au rocher Hopewell, la région de Matapédia-les-Plateaux doit, elle aussi, composer avec des poids lourds comme le parc de la Gaspésie, Forillon ou encore l’icône ultime, le Rocher Percé. Du coup, les nombreux touristes qui empruntent la 132 ne font que passer par Matapédia-les-Plateaux sans vraiment s’y arrêter.

Ça, c’était avant la Route des Belvédères.

«On voulait trouver un moyen de retenir dans notre secteur les nombreux touristes qui passent devant chez nous pour se rendre plus loin en Gaspésie ou encore traverser au Nouveau-Brunswick», explique Nathalie Sirois, responsable du Carrefour d’accueil de la Route des Belvédères.

Selon elle, la région de Matapédia-les-Plateaux a toujours eu un produit touristique des plus enviables sous la main, soit ses paysages bucoliques exceptionnels.

«Ce qu’il manquait par contre, c’était une façon de bien les mettre en valeur, de les rendre facilement accessibles au public. Désormais, avec les belvédères, la région a finalement ce dont elle avait besoin, une structure à offrir», estime-t-elle.

Des belvédères inusités

Mais qu’est-ce exactement que cette route? C’est d’abord le résultat d’une collaboration accrue entre les cinq municipalités de ce secteur, un projet qui est sur la planche à dessin depuis plus d’une douzaine d’années déjà. Ces cinq communautés ont choisi le tourisme comme levier prioritaire du développement économique local et joint leurs efforts pour concrétiser ce projet ambitieux estimé à près de huit millions $.

Concrètement, il s’agit d’un circuit touristique constitué de quatre belvédères installés dans quatre municipalités différentes. Ceux-ci ont en commun d’offrir aux visiteurs des paysages naturels à couper le souffle, l’endroit étant montagneux et bordé de cours d’eau. Qui plus est, si les belvédères se trouvent au Québec, une grande partie des paysages mis en valeur se trouve être du côté néo-brunswickois, c,est-à-dire le Restigouche.

Mais ce qui les distingue des belvédères conventionnels, c’est leur architecture plus osée. Plus que de simples plates-formes, les belvédères détonnent du paysage par leur aspect inusité.

«Ç’aurait pu être des belvédères standards, mais ça n’aurait pas eu le même impact. Là, les gens se déplacent autant (sinon plus) pour visiter les structures que pour admirer la vue. Les belvédères sont devenus une attraction à eux seuls», souligne Mme Sirois.

Pour le moment, deux belvédères seulement ont été complétés, Deux-Rivières à Matapédia et Cœur des Plateaux à Saint-André-de-Restigouche. En construction l’automne dernier, ces structures en sont à leur premier été «touristique». Deux autres structures à l’architecture distinctive s’ajouteront à la route d’ici 2021, soit l’actuel belvédère Horizon de rêve de Saint-Alexis-de-Matapédia (qui sera remplacé) et le belvédère de la Petite Cross Point à L’Ascension-de-Patapédia.

«C’est encore tout nouveau, mais les gens arrêtent déjà. On a fait une belle promotion par l’entremise du web et ça se parle beaucoup. On reçoit aussi plusieurs visiteurs de nos propres communautés ainsi que de nos voisins immédiats du Nouveau-Brunswick. On vise à devenir un point d’entrée incontournable pour les touristes, ce qui nous permettra de promouvoir notre région, mais aussi de bien rediriger les visiteurs ailleurs en Gaspésie et même au Nouveau-Brunswick», estime Mme Sirois.

Avis aux intéressés qui passeront dans ce secteur cet été, le Carrefour d’accueil est situé en bordure de la route 132 dans la municipalité de Matapédia.