Triage des matières recyclables: la faillite guette la CSRIE

La Commission des services régionaux de la Péninsule acadienne (CSR-PA) ne laissera pas tomber le triage des matières recyclables. Mais ça ne veut pas dire que la Coopérative de solidarité en recyclage et intégration à l’emploi (CSRIE) est sortie de l’auberge.

Avec des «difficultés financières insurmontables dues à une baisse jamais vue des prix sur le marché mondial», la CSRIE ne peut plus continuer ses opérations sans une participation externe d’urgence.

Les coûts opérationnels montrent des revenus actuels de 275 000$ et des dépenses de plus de 521 000$.

Depuis mai, la CSR-PA a pris en charge les salaires des employés de cette organisation sans but lucratif et recueille les revenus de la vente de la matière recyclable.

Mais ce n’est clairement pas assez. C’est pourquoi les élus et représentants des DSL de la région ont tenu une réunion extraordinaire, mercredi soir à Lamèque.

Le mandat est maintenant de trouver des solutions, car il est assuré que la CSR-PA ne prendra pas la responsabilité complète des opérations du centre de tri situé à Tracadie.

L’option d’aller porter 1800 tonnes de matière recyclable à Rivière-du-Loup, comme le fait déjà la CSR-Chaleur, a été écartée, car jugée trop dispendieuse (plus de 250 000$).

On cherche notamment un partenariat 50-50 avec une organisation qui prône la même mission de donner de l’emploi à des personnes ayant des limitations fonctionnelles et/ou intellectuelles.

La situation précaire de la coopérative fondée en 2014 est précaire. Elle a pour plus de 155 000$ de comptes à payer en souffrance et un prêt de 160 000$ pour l’acquisition de nouveaux équipements.

Il n’est pas interdit de penser que l’organisation, telle qu’on la connaît, doive déclarer faillite après l’évaluation en cours de la Coopérative de développement régional-Acadie, comme l’a laissé entendre sans joie le maire de Bertrand, Yvon Godin.

Les membres de la CSR-PA veulent notamment demander à la coopérative de recyclage et son nouveau président par intérim, Patrice-Éloi Mallet, de prendre position sur leur avenir. Car comme l’a indiqué Oscar Roussel, ce n’est pas à la CSR-PA d’assurer l’imputabilité des dettes accumulées au fil des années.

«Il n’est pas question d’abandonner le triage, mais nous avons le mandat de regarder à des options pour aider la CSRIE à prendre une décision éclairée. Et si elle décide ne de pas continuer, il nous faut au moins une organisation prête à prendre la relève. Car ce n’est pas à nous de tout gérer», a rappelé le président de la CSR-PA.