Un plan pour Saint-Jean qui touche toutes les municipalités

Le nouveau plan d’action pour sortir la ville de Saint-Jean du marasme économique pourrait avoir d’importantes répercussions sur l’ensemble des municipalités de la province.

Le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Jeff Carr, a rendu public mercredi le rapport qui doit permettre à la ville portuaire de régler ses problèmes financiers aux proportions inquiétantes.

Le document a été préparé par un comité de fonctionnaires de la province et de la Ville de Saint-Jean dans le cadre de l’entente de financement d’urgence versé à la municipalité.

Le plan suggère plusieurs mesures uniques à Saint-Jean, dont la réduction de son territoire, une hausse de l’immigration, la baisse des coûts de son régime de pension, un meilleur contrôle des salaires et des conventions collectives moins restrictives.

D’autres initiatives auront assurément un impact sur l’ensemble des villes et des villages du Nouveau-Brunswick comme la réforme de l’impôt foncier municipal, l’examen du modèle des commissions de services régionaux et la transformation de l’arbitrage exécutoire chez les pompiers et les policiers.

Même si le plan d’action dépasse largement les frontières de la ville portuaire,  la directrice par intérim de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick souligne que les autres municipalités n’ont pas participé à son élaboration.

«Il y a de nombreux éléments d’importance pour tous les gouvernements locaux de la province. Il faut donc assurer que nos associations municipales soient aussi à la table pour être formellement partie prenante des discussions et des solutions qui seront mises en place», avance Eugénie Boudreau.

«Ça ne peut pas être des solutions pour Saint-Jean qui s’appliquent nécessairement de la même manière au reste de la province», prévient-elle.

Le ministre Jeff Carr estime quant à lui que les futurs succès de la ville pourraient servir d’exemple aux autres municipalités.

«Avec ce document, la région de Saint-Jean pourrait très bien devenir un modèle à suivre pour le reste de la province.»

En ce qui concerne la réforme de l’impôt foncier des municipalités, Fredericton s’engage à faire un «examen exhaustif» de la question en s’attardant à «tout nouvel outil» qui pourrait profiter aux gouvernements locaux.

Cela ne veut toutefois pas nécessairement dire que les résidents et les entreprises devront payer plus d’impôt, assure le M. Carr.

La province veut aussi inciter les municipalités à collaborer davantage au sein des commissions de services régionaux (CSR) en s’attaquant notamment à certains «obstacles» comme le caractère volontaire de la participation volontaire des villes et des villages à certaines initiatives.

«Personne ne semble vouloir toucher au modèle des CSR, mais il y a tellement d’histoires à succès dans les différentes régions que nous pourrions partager. Nous ne pouvons plus agir en silo», indique Jeff Carr.

Des changements à l’arbitrage exécutoire s’imposent également pour ralentir l’augmentation des salaires des pompiers et des policiers qui dépendent de ce mécanisme de règlement des conflits puisqu’ils n’ont pas le droit de faire la grève.

On rappelle dans le rapport que le salaire des pompiers et des policiers de Saint-Jean a augmenté de 72% et de 67% respectivement au cours des 15 dernières années alors que l’inflation a été de 27,5%.

Le conseil municipal de Saint-Jean devra décider jeudi s’il accepte ou non le plan préparé par ses fonctionnaires et ceux de la province.

Même si le plan a été préparé dans le cadre d’une entente qui prévoit le versement de 22,8 millions $ d’aide à la municipalité sur trois ans, le financement n’est pas conditionnel à l’adoption du plan par la Ville.

Le gouvernement provincial entend toutefois aller de l’avant avec les éléments du rapport qui sont sous sa responsabilité même s’il était rejeté par Saint-Jean.