Les citoyens des Maritimes sont les plus opposés à la loi du Québec sur la laïcité

Les Canadiens sont moins opposés à la loi québécoise sur la laïcité qu’on ne pourrait le croire, suggère un sondage Nanos Research publié jeudi dans The Globe and Mail.

Le coup de sonde, mené auprès de 1000 personnes entre le 29 juin et le 4 juillet, suggère également que les Canadiens ne veulent pas nécessairement que le gouvernement fédéral conteste la loi du Québec.

La loi, adoptée en juin à l’Assemblée nationale, interdit aux employés de l’État en position d’autorité coercitive, comme les juges, les policiers et les gardiens de prison, de porter des signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions. Cette interdiction s’étend aussi aux enseignants du réseau public.

Aussitôt adoptée, la pièce législative a été contestée devant les tribunaux par Ichrak Nourel Hak, une étudiante en enseignement qui porte le hijab _ et qui n’aura donc pas le droit de pratiquer son métier lorsqu’elle obtiendra son diplôme. La contestation de Mme Hak est soutenue par le Conseil national des musulmans canadiens et l’Association canadienne des libertés civiles.

La loi québécoise a aussi été vertement critiquée mercredi par le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, au Conseil de la fédération à Saskatoon.

Il a confié avoir été lui-même victime d’intimidation dans sa jeunesse, et que pour lui, il était intolérable de penser qu’un membre d’une minorité visible puisse être ciblé par une loi qu’il qualifie de « dangereuse » et de « potentiellement oppressive ». Il a promis d’en parler au premier ministre François Legault jeudi.

Selon la firme Nanos Research, 53 pour cent des Canadiens sont opposés, ou plutôt opposés, à la loi québécoise, contre 45 pour cent qui sont d’accord ou plutôt d’accord.

Dans les Maritimes, 61,5 pour cent des répondants s’opposent à la loi, comparativement à 60,4 pour cent en Ontario, 56,8 pour cent dans les Prairies et 56,4 pour cent en Colombie-Britannique. Trente-six pour cent des Québécois sondés sont contre la loi du gouvernement Legault.

Par ailleurs, 48 pour cent des Canadiens appuieraient la décision du gouvernement fédéral de ne pas immédiatement contester la loi devant les tribunaux. Trente-huit pour cent voudraient qu’Ottawa la conteste.

Le sondage de Nanos Research comporte une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 pour cent, 19 fois sur 20.