Les pharmaciens de la province appuient la vaccination obligatoire

Les pharmaciens du Nouveau-Brunswick se rangent derrière le gouvernement provincial dans son combat pour obliger la vaccination des enfants dans les écoles et les garderies agréées.

L’Association des pharmaciens a publié un communiqué de presse, jeudi, afin d’exprimer son appui au projet de loi 39 du ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance.

«Les vaccins sont sécuritaires et nous offrent la meilleure solution afin de protéger la population contre de nombreuses maladies mortelles», avance la présidente de l’Association, Christine Boudreau.

Le projet de loi de Dominic Cardy vise à éliminer les exemptions à l’immunisation pour des raisons non médicales.

En vertu de la politique en vigueur, les parents peuvent soustraire leurs enfants à la vaccination obligatoire en signant une déclaration d’objection à l’immunisation.

«Les immunisations ont contribué à sauver plus de vies que toutes autres interventions médicales, indique Mme Boudreau. Plus on immunise la population, plus on réduit le risque de maladie pour toute la population, y inclut ceux qui ne sont pas immunisés à cause d’une condition médicale.»

Les pharmaciens ont déjà commencé à faire circuler une pétition pour le projet de loi 39 dans leurs pharmacies.

L’Association espère présenter la pétition au comité permanent de modification des lois de l’Assemblée législative plus tard cet été.

Le comité invite d’ailleurs la population à donner son avis sur le projet de loi 39 en lui présentant un mémoire ou en participant aux audiences publiques qui auront lieu à Fredericton du 27 au 29 août.

Selon Christine Boudreau, l’éclosion de rougeole ce printemps dans la région de Saint-Jean est une preuve de l’importance de la vaccination obligatoire dans les écoles.

«L’éclosion récente (…) est maintenant terminée, mais il faut demeurer vigilant et faire tout notre possible afin d’éviter un autre événement semblable.»

Si le projet de loi est adopté, les directions générales des districts scolaires devront exclure des écoles et des garderies agréées à partir de septembre 2021 les enfants qui n’auront pas de preuve suffisante d’immunisation.

Le Nouveau-Brunswick pourrait ainsi devenir la province canadienne avec la réglementation la plus sévère en matière de vaccination.

Il n’est pas exclu que la législation se retrouve devant les tribunaux si un individu ou un groupe décide de la contester.

Selon la professeure de droit Lorian Hardcastle de l’Université de Calgary, il n’est pas certain que les tribunaux trancheraient en faveur du gouvernement.

Fredericton pourrait notamment devoir convaincre la cour que l’intérêt public justifie cette atteinte aux droits individuels.

«Le gouvernement pourrait avoir des preuves scientifiques pour démontrer qu’il existe des raisons urgentes d’empiéter sur la liberté de religions des individus», expliquait  Mme Hardcastle au journal le mois dernier.

«Ces groupes pourraient cependant argumenter à leur tour que le gouvernement aurait pu minimiser cette atteinte à leur droit. Par exemple, en Ontario, si vous avez recours à une exemption pour des motifs religieux, ils vous excluront seulement des écoles s’il y a un risque d’éclosion.»