Commerce interprovincial de l’alcool: Blaine Higgs hésite

Blaine Higgs hésite toujours à s’engager à laisser libre cours au commerce interprovincial de l’alcool malgré les visées de ses collègues des autres provinces et des territoires.

Il a encore été question des barrières au commerce intérieur de l’alcool lors de la rencontre des premiers ministres des provinces et des territoires cette semaine à Saskatoon.

Dans l’un des communiqués de la rencontre, les élus se sont entendus pour prioriser «une plus grande libéralisation du commerce des boissons alcoolisées».

Est-ce que cela signifie que les Néo-Brunswickois pourront bientôt rapporter du Québec ou de la Nouvelle-Écosse autant de bière, de vin ou de spiritueux qu’ils le désirent? Pas si vite, répond Blaine Higgs.

Le premier ministre a émis plusieurs bémols sur le sujet à son retour de la Saskatchewan, vendredi.

«Le Nouveau-Brunswick, nous sommes uniques à cause de notre frontière avec le Maine et de notre frontière avec le Québec. Ça nous rend un peu vulnérables en ce qui concerne l’alcool, mais je pense que nous devons trouver des moyens d’avoir plus de liberté et c’est une question que nous allons examiner», a-t-il dit avant de rappeler l’importance du monopole d’Alcool NB pour les coffres du gouvernement provincial.

«Il s’agit d’une contribution nette de 160 millions $ à nos revenus, il n’est donc pas facile de s’en éloigner sans considérer l’impact financier que cela aura. Qu’est-ce qui va remplacer ça? Nous venons tout juste d’équilibrer le budget. Nous devons considérer ce genre d’impact économique négatif très important.»

La libéralisation du commerce interprovincial de l’alcool pourrait donc prendre du temps, résume M. Higgs.

«Nous allons nous y attarder, mais je ne sais pas à quelle vitesse nous pourrons le faire. Je veux que les grossistes aient des prix plus avantageux, que les restaurants aient de meilleurs prix.»

D’ici là, le Nouveau-Brunswick risque de se retrouver de plus en plus isolé sur la question.

Toujours selon l’un des communiqués de la rencontre, dix provinces et territoires ont éliminé ou projettent d’éliminer les limites d’alcool pouvant être transporté d’une province ou d’un territoire à l’autre pour consommation personnelle.

De plus, neuf provinces permettent déjà la vente directement au consommateur ou se penchent sur l’idée. Six provinces ont créé des plateformes de commerce électronique pour les boissons alcoolisées ou s’apprêtent à le faire.

Blaine Higgs s’est par ailleurs dit ravi du travail accompli par les premières ministres pour réduire les autres barrières commerciales comme le fardeau réglementaire pour les entreprises et les certifications des métiers.

«C’est en quelque sorte dicté par la nécessité. Lorsqu’il est plus difficile de commercer avec notre principal partenaire, les États-Unis, il faut regarder ce que nous avons à l’Est et à l’Ouest dans notre pays.»

M. Higgs aimerait notamment voir le Québec faire preuve de plus d’ouverture en la matière. Les discussions avec le premier ministre François Legault ont été bonnes, a-t-il dit, mais il reste encore beaucoup de travail à faire.

«Disons qu’il comprend dorénavant certaines de nos inquiétudes à ce sujet.»

Blaine Higgs s’est engagé en campagne électorale à travailler pour «réduire ou éliminer» les obstacles au commerce entre les provinces tout en protégeant le Nouveau-Brunswick contre «les pratiques commerciales déloyales».