Service NB: une décision politique corrigée à Saint-Quentin

La ministre responsable de Service NB, Sherry Wilson, a confirmé vendredi le retour à Saint-Quentin de sa succursale fermée il y a maintenant quatre ans.

Dans son discours, celle-ci a parlé de cette réouverture comme d’une correction face à une décision purement partisane prise par le précédent gouvernement.

On se souviendra qu’en 2015, sous l’ère libérale de Brian Gallant, Service NB avait recommandé la réduction du nombre de succursales en province. En raison de leur proximité, celles de Kedgwick et Saint-Quentin ont été visées. Et bien que le flot de transactions était passablement plus élevé à Saint-Quentin (plus de 18 000 transactions contre 9800), c’est cette dernière qui est passée sous le couperet.

«C’était une décision qui n’avait aucune justification logique. Nous corrigerons donc cette décision purement politique prise par le gouvernement précédent en rouvrant la succursale de Saint-Quentin», a lancé la ministre, provoquant une salve d’applaudissements provenant de la foule venue assister à l’annonce en grand nombre au Palais Centre-Ville.

Le retour ne sera toutefois pas entier. En effet, Saint-Quentin devra partager équitablement ce service avec la communauté rurale voisine de Kedgwick. Ainsi, la future succursale de Saint-Quentin ne sera ouverte que deux jours par semaine, soit le jeudi et le vendredi. Sa consœur de Kedgwick verra pour sa part son statut passé de quatre à deux jours (mardi et mercredi).

La Ville de Saint-Quentin devra par ailleurs assumer une partie des coûts de ce retour. Cela se traduira par le biais du prêt des locaux puisque le bâtiment qui abritait l’ancienne succursale a, depuis, été vendu. La maire de l’endroit, Nicole Somers, a confirmé que la succursale sera située dans les locaux de l’ancienne gare.

Le ministre Robert Gauvin, qui avait précipité l’annonce du retour de la succursale à Saint-Quentin il y a quelques mois, était également présent pour l’occasion. S’il considère la décision de fermer la succursale de partisane, il considère que celle de la rouvrir est tout sauf motivée par des considérations politiques. «On répare une injustice ici, c’est tout», clame le ministre.

Retour attendu

«On revient de loin, de très loin.»

La maire de Saint-Quentin avait peine à contenir sa joie d’entendre la nouvelle du retour de Service NB chez elles être officialisée. Pour elle, il s’agit de l’aboutissement d’un long combat, l’affaire s’étant rendue jusque devant les tribunaux.

«Aujourd’hui, on pourrait difficilement être plus heureux. C’est une annonce qui était très attendue, tant par nos industries que nos citoyens», indique-t-elle.

Si la formule du partage du service laisse l’impression que le gouvernement a acheté la paix, question d’éviter les frictions entre les deux communautés restigouchoises, Mme Somers ne s’en formalise pas outre mesure.

«Pour le moment, on prend ce qu’on nous donne, et avec grand plaisir. Cela dit, j’ai toujours été claire dans mes demandes, je ne voulais surtout pas que Kedgwick perde tout son service. C’était essentiel pour moi que cette communauté conserve toujours un accès, et pas que nos gains se fassent en son détriment. En ce sens, le partage est une bonne formule», dit-elle.

Selon la maire, la succursale ouvrira ses portes dès que son aménagement sera terminé, ce qui pourrait aller au début de l’automne.

Citoyens satisfaits…ou presque

En raison de son entreprise de camionnage El Rancho, Paul Aubut est un grand utilisateur de Service NB. Celui-ci avait toujours vivement dénoncé le retrait de la succursale de sa communauté.

«Les chiffres étaient en notre faveur et on nous a retiré ce service. Pour moi, c’était un vol, une punition politique que nous avons dû endurer pendant quatre ans. Et heureusement aujourd’hui, le gouvernement corrige son erreur. Justice est enfin faite», estime l’homme d’affaires.

Satisfait que ce ne soit qu’un retour partiel? «Ce n’est pas assez, mais c’est quand même mieux que rien. On aimerait avoir cinq jours dans la région (Restigouche-Ouest), mais on va commencer avec ce que l’on nous offre», indique-t-il, notant qu’il n’a absolument aucun problème avec le système de partage de la succursale entre Kedgwick et Saint-Quentin.

Dans la foule toutefois, tous ne jubilaient pas autant. C’est notamment le cas de Ben Cyr, ancien député conservateur du coin.

«Je ne trouve pas que ce soit une nouvelle si excitante. Il n’y a aucune raison qui justifie qu’on soit ouvert seulement deux jours par semaine. Avec toutes les usines que l’on a ici, tout l’argent qui se brasse, tous les immigrants qui arrivent… La vraie justice aurait été qu’on nous redonne entièrement ce qu’on nous a volé», estime-t-il.