Problèmes des municipalités: pas la faute des pompiers et des policiers

Les policiers et les pompiers du Nouveau-Brunswick refusent d’être blâmés pour les problèmes financiers des municipalités.

Les premiers répondants s’opposent à la volonté des gouvernements locaux qui souhaitent réformer l’arbitrage exécutoire afin de réduire les coûts de la main-d’oeuvre.

La demande des municipalités ne date pas d’hier, mais le gouvernement provincial y est particulièrement réceptif ces jours-ci dans la foulée de la crise financière qui frappe la ville de Saint-Jean.

Parmi les solutions proposées dans un rapport rendu public cette semaine par le gouvernement de Blaine Higgs, il est suggéré de changer les règles entourant l’arbitrage exécutoire avec les pompiers et les policiers pour tenir compte de «la capacité de payer» des municipalités.

«La loi actuelle prescrit l’arbitrage de différends, ce qui crée des tendances du côté des augmentations salariales qui sont non viables», peut-on lire dans le plan d’action pour Saint-Jean.

Si ces changements étaient adoptés, l’ensemble des corps policiers municipaux et des services de pompiers professionnels de la province seraient touchés.

Le président de l’Association des policiers du Nouveau-Brunswick, Chanel Roy, accuse certaines municipalités de blâmer les policiers et les pompiers pour leurs problèmes financiers.

«C’est de la fiction. Ce n’est pas parce qu’on va accorder un contrat aux policiers ou aux pompiers que les municipalités vont faire banqueroute. Ça ne fait pas de sens», avance le sergent.

Il rappelle que les policiers et les pompiers ont recours à l’arbitrage exécutoire pour régler leurs conflits de travail avec leur employeur parce qu’ils n’ont pas le droit de faire la grève.

«Présentement, (les municipalités) veulent changer les règles du jeu et apporter des directives pour dicter aux arbitres, qui sont des gens compétents, la façon que les arbitrages vont se dérouler», dénonce M. Roy.

Selon le président de l’Association des pompiers professionnels des Provinces atlantiques, Glenn Sullivan, les arbitres considèrent déjà l’état des finances des municipalités avant de trancher les questions pécuniaires lors d’un conflit de travail.

«Je peux vous assurer que les arbitres étudient très sérieusement la capacité de payer. Cette préoccupation est inexacte.»

M. Sullivan affirme que les hausses de salaires accordés aux pompiers du Nouveau-Brunswick ces dernières années à la suite de décisions d’un arbitre ont été très similaires à celles découlant de conventions collectives négociées.

Selon Chanel Roy, la solution aux problèmes des villes et des villages se trouve plutôt dans des projets comme la proposition de régionalisation des forces policières dans la région Chaleur.

Les associations des policiers et des pompiers souhaitent être à la table lorsqu’il sera question de la réforme de l’arbitrage exécutoire.

Dans le plan d’action pour Saint-Jean, le gouvernement provincial signale son intention de demander à la ville portuaire et aux représentants syndicaux «d’élaborer une proposition de réforme».

Fredericton espère arriver à une solution rapidement afin que Saint-Jean puisse commencer à réaliser des économies sur sa masse salariale dès l’an prochain.

Selon le rapport, le salaire des pompiers et des policiers de la ville ont augmenté de 72% et de 67% respectivement au cours des 15 dernières années alors que l’inflation a été de 27,5%.