Les acériculteurs demandent un plus grand accès à la forêt publique

Un peu plus d’une demi-douzaine d’acériculteurs de la région du Restigouche-Ouest ont rencontré le ministre des Ressources naturelles, Mike Holland, afin de le convaincre d’augmenter la superficie allouée à cette industrie sur les terres de la Couronne.

Les acériculteurs sont mûrs pour obtenir une plus grande partie de la tarte de la forêt publique néo-brunswickoise.

Voilà en résumé le message livré par les producteurs au ministre Holland, propos maintes fois martelés à ses prédécesseurs au fil des ans. Sans grande surprise, ceux-ci ne sont pas repartis de Fredericton avec plus d’hectares en poche comme ils le souhaitaient. Toutefois, ils affirment que, pour une rare fois, ils ont obtenu une oreille attentive de la part du gouvernement.

«On ne s’était pas bercé d’illusions. On savait que nos chances d’obtenir plus de terres sur le champ étaient minces. Mais on a néanmoins été agréablement surpris par l’ouverture d’esprit du ministre Holland et ça, c’est prometteur», exprime Jean-François Laplante, vice-président de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick et lui-même producteur à Saint-Quentin.

La rencontre a été initiée au départ par un de ses confrères, Pat Thériault. Comme d’autres, il souhaitait obtenir plus d’accès aux terres de la Couronne afin de développer son entreprise et étendre ses activités. Car la dernière désignation de terres publiques à des fins acéricoles date de 2015 (4400 hectares de forêt). Depuis, l’industrie affirme être freinée dans son développement.

Dans l’ensemble, M. Laplante qualifie la rencontre avec le ministre Holland de très productive.

«On ne savait pas trop comment appréhender cette rencontre, et on ne sait toujours pas ce que cela va donner à long terme. Mais le ministre semblait vraiment comprendre notre situation, il était réceptif à nos demandes», exprime-t-il.

«On est une industrie en pleine croissance avec un chiffre d’affaires de plus de 50 millions $. On sait qu’on pourrait en faire davantage, mais pour y arriver, on ne peut compter uniquement sur les terres privées. On a besoin d’un plus grand accès aux terres de la Couronne», soutient M. Laplante.

Le groupe avait par ailleurs une autre demande pour le ministre, celle-là plus pressante, soit la mise en place d’un moratoire sur la coupe dans les zones au potentiel acéricole.

«On se sent être la cible des compagnies forestières. Partout où il semble y avoir un potentiel intéressant d’érables à sucre, l’industrie vient faucher dedans avant qu’on puisse avoir accès à ces terres supplémentaires. Ça nous coupe littéralement les jambes pour des décennies», souligne le vice-président de l’AANB.

Comme ses confrères, M. Laplante croit que ces terres devraient être protégées mordicus. Il soutient que le moratoire en question pourrait être appliqué, dans un premier temps, aux terres situées à proximité des érablières actuellement en service. Les producteurs demandent au ministre de l’appliquer le plus rapidement possible, bien avant la mise en œuvre du prochain plan d’aménagement, afin de limiter les dégâts.

«Si le gouvernement ne peut nous allouer d’hectares supplémentaires dès maintenant, il devrait à tout le moins protéger la ressource afin d’éviter le pire. Et on ne parle pas d’un moratoire qui s’appliquerait à l’ensemble de la province, mais bien à des secteurs névralgiques où l’on sent un véritable potentiel», ajoute l’acériculteur, notant que ces terres sont fortement convoitées par l’industrie du bois franc.

Selon M. Laplante, le ministre aurait confié être en processus de changer certaines façons de faire au niveau de la gestion des terres de la Couronne. Et pour la conception du prochain plan d’aménagement, il désire voir les producteurs de sirop d’érable être assis à la table, ce que souhaite l’industrie depuis longtemps.

Projets réglés

Lors de la rencontre, M. Laplante a également abordé avec le ministre Holland la question des nombreux projets de corridors qui tardent à débloquer, causant des retards dans les plans de développements des érablières.

Cette situation avait été dénoncée au début du mois par l’association et certains producteurs. Ces corridors visent à relier la tuyauterie et l’électricité entre deux parcelles de terre. Pour ce faire, des arbres doivent être abattus, ce qui nécessite des approbations du ministère. Et c’est justement cette approbation qui tarde à venir. Dans certains cas, l’attente dure depuis plusieurs mois.

M. Laplante aurait obtenu l’assurance du ministre que tous les projets touchant la conception de corridors entre deux terres allaient finalement être dénoués.