Une espèce de fourmis «esclavagiste» découverte au N.-B.

Une variété rare de fourmis connue pour réduire à l’esclavage une autre espèce débarque au Canada atlantique après que des chercheurs l’aie aperçue dans une zone de conservation du Nouveau-Brunswick.

Aaron Fairweather, candidat au doctorat à l’Université de Guelph qui étudie les fourmis, a déclaré avoir découvert avec son collègue l’Harpagoxenus canadensis, une espèce appelée «esclavagiste», sur une branche de bouleau dans la zone naturelle protégée de Kennedy Lakes, près de Renous.

Ils cherchaient une espèce de fourmi plus commune quand ils sont tombés sur un nid qui semblait abriter deux espèces différentes, a-t-il déclaré.

«Nous avons été un peu surpris au début et nous ne savions pas vraiment ce qui se passait, a-t-il déclaré. Nous les avons donc ramenés au laboratoire et avons parcouru toute la littérature.»

C’est à ce moment qu’ils se sont rendu compte qu’ils avaient trouvé les fourmis qui utilisent des esclaves, ce qui est rare, car elles doivent trouver de grandes quantités d’espèces qu’ils asservissent pour prospérer. Et l’espèce asservie, Leptothorax canadensis, requiert des conditions très spécifiques pour l’établissement d’un nid.

«Nous trouvons Leptothorax canadensis dans des forêts de bouleaux où la canopée est ouverte, où il y a une sorte de disposition éparse des arbres, où il y a beaucoup de lumière qui vient de la canopée et nous trouvons les colonies spécifiquement dans les branches des bouleaux qui sont tombés et se trouvent à un stade spécifique de décomposition», a déclaré M. Fairweather.

Mais une fois que les fourmis esclavagistes auront trouvé une colonie de cette espèce, elles s’empareront du nid, a-t-il déclaré.

«Harpagoxenus canadensis établit une colonie, élimine la reine de l’hôte Leptothorax canadensis, réduit en esclavage les ouvriers puis part à la recherche d’autres colonies de canadensis afin de voler leur couvée et d’élever les comme étant les leurs et de les laisser faire tout le travail», Fairweather a dit.

M. Fairweather souligne que la présence de fourmis esclavagistes est un indicateur d’un écosystème en santé.

«Si votre environnement peut supporter plusieurs espèces de fourmis, vous avez un système de sol plus sain, vous avez simplement un écosystème plus stable en général», a-t-il déclaré. «Et si vous avez une forte densité d’espèces hôtes, les faiseurs d’esclaves commenceront à apparaître.»

Il a ajouté que la présence de cette fourmi souligne l’importance de la protection de la région des lacs Kennedy. L’espèce a également été trouvée au Québec, ainsi que dans le sud du Maine et du Minnesota.

En plus, dit-il, ils sont vraiment fascinants.

«Personnellement, je trouve le comportement des esclavagistes très intéressant, a-t-il déclaré. C’est quelque chose qui est comparable aux humains d’une manière – d’une manière très négative et effrayante -, mais il est étonnant que ces fourmis aient développé ce comportement où ils ont besoin d’une espèce hôte pour survivre.»