Éoliennes à Anse-Bleue: surprise, joie et inquiétudes

Le dévoilement par l’Acadie Nouvelle de la construction prochaine d’un parc éolien de 20 mégawatts à Anse-Bleue a causé joie, inquiétudes et surtout toute une surprise dans ce petit DSL situé entre Maisonnette et Grande-Anse.

La compagnie Naveco, de Fredericton, a obtenu un permis d’exploitation d’un parc composé de cinq à six turbines et dont la mise en fonction est prévue en décembre 2020. Le projet, appelé Ventus Chaleur, est évalué à près de 30 millions $, en partie financé par la Ville de Bathurst.

Les études environnementales des sols, les calculs du vent et l’analyse des routes à construire ont été complétés, a signifié à l’Acadie Nouvelle le porte-parole Daniel Brassard.

Ces tours seraient érigées dans le secteur ouest du DSL, en direction de Grande-Anse. Comme un DSL n’est pas une entité municipale constituée, le promoteur a pu convaincre plusieurs propriétaires privés de louer leurs terres pour l’installation des éoliennes.

La présidente du DSL d’Anse-Bleue, Ginette Bertin, était au courant que des choses se tramaient depuis quelques mois. De la machinerie lourde et la présence répétée du promoteur dans la communauté avaient évoqué bien des spéculations.

Elle a néanmoins été surprise d’apprendre que ce projet irait de l’avant, car M. Brassard n’avait pas encore rencontré les dirigeants du DSL, selon ses propos.

«Supposément qu’on ne verra même pas les éoliennes, a-t-elle commenté. Elles seraient construites dans les terres, loin de la côte. Mais on n’en sait pas plus.»

Mme Bertin prévoit organiser sous peu une rencontre publique dans sa communauté afin d’en savoir davantage sur cet important projet.

De passage à Anse-Bleue, l’Acadie Nouvelle a tâté le pouls des citoyens. Plusieurs étaient surpris de savoir qu’ils verront sous peu de grandes tours blanches près de leurs résidences.

Certains, sous le couvert de l’anonymat, se sont inquiétés devant cette annonce. Ils craignent la pollution visuelle et auditive de ces installations et ont refusé de faire affaire avec le promoteur.

La propriétaire du Dépanneur chez Rosie, Roseline Chiasson, avoue que la nouvelle n’avait pas fait partie des discussions chez ses clients à son restaurant.

«On n’avait pas entendu parler que c’était fait. On n’en avait aucune idée. On ne sait même pas où elles seront. Mais ça fait un bout de temps que ça se parle», a-t-elle révélé.

L’Acadie Nouvelle a pu regarder une copie du contrat proposé par Naveco. L’entreprise propose divers dédommagements et revenus aux propriétaires de terrains sur lesquels reposeront les éoliennes pour une période de 15 ans. On offre notamment jusqu’à 5000$ du mégawatt et diverses autres redevances pour le passage des fils électriques jusqu’au branchement à la station de Bertrand, la construction et l’utilisation de routes, etc.

La mairesse de Maisonnette, Viviane Baldwin, a aussi appris l’annonce en même temps qu’elle a lu le journal, jeudi.

«Nous avons été approchés par ce promoteur, mais nous ne sommes pas allés de l’avant. Il était intéressé par des terrains appartenant à la municipalité. L’énergie verte, c’est une bonne chose en soi», a-t-elle signifié.

Quant au maire de Grande-Anse, Gilles Thériault, il accepte cet ajout à sa communauté voisine avec bonne humeur. Il croit même que le projet de Pokeshaw (20 mW) a également été approuvé dans ce plan provincial de produire 80 mW d’électricité à partir de l’énergie éolienne.

«C’est une excellente nouvelle. C’est bon pour la région. Ça va donner un petit boom économique. Nous sommes d’accord avec l’énergie verte et nous sommes très heureux pour Anse-Bleue. Si Pokeshaw a aussi ses éoliennes, nous en aurons à droite et à gauche. Qu’il vente de l’Est ou de l’Ouest, nous en profiterons», a-t-il noté.

Le maire a aussi dit que le promoteur avait rencontré sa municipalité récemment. Grande-Anse, Paquetville et Saint-Léolin ont créé un partenariat pour un parc éolien communautaire qui serait installé près de Saint-Léolin.

«Ce projet est encore vivant», a assuré M. Thériault.