Délit de fuite mortel près de Bertrand: absolution conditionnelle pour un des passagers

Les procédures judiciaires contre Lucas Gagnon, accusé de complicité dans un délit de fuite mortel étant survenu le 8 juillet 2017 à Dugas Office, dans la Péninsule acadienne, ont connu un dénouement presque heureux.

Trois véhicules étaient impliqués dans cette collision. Deux personnes âgées de 57 et de 72 ans ont perdu la vie. Trois autres personnes ont été sérieusement blessés.

Le conducteur du véhicule dans lequel Lucas Gagnon était un passager a décidé de fuir la scène. Cette voiture a été retrouvée incendiée dans une gravière entre Bertrand et Paquetville peu après.

Deux années plus tard, Lucas Gagnon a de nouveau comparu vendredi devant la Cour provinciale de Caraquet pour recevoir sa sentence, après avoir plaidé coupable en début d’année.

Serge Robichaud, l’avocat de la défense, a notamment demandé à la juge Johanne-Marguerite Landry de considérer la possibilité d’accorder l’absolution conditionnelle à l’accusée, à condition qu’il respecte les conditions de sa probation.

Serge Robichaud a rappelé que son client n’était pas directement responsable de l’accident. Il était seulement un passager. Selon les faits relatés devant le tribunal, Lucas Gagnon s’était même endormi dans la voiture et il s’est réveillé seulement quelques instants avant l’accident.

Le jeune homme a reconnu sa culpabilité en tant que complice après les faits, lorsque les trois adolescents ont mis le feu à leur voiture pour tenter de cacher les preuves. Il aurait aussi tenté de dissuader le conducteur de prendre la fuite.

Par la suite, Lucas Gagnon a beaucoup collaboré avec la GRC lors de l’enquête.

«Souvent, quand trois jeunes paniquent ensemble, ça mène à des situations qui sont difficiles à expliquer. Ça s’est tellement passé rapidement. Il n’y a pas d’explication rationnelle, mais mon client a assumé sa responsabilité dans cette affaire. Je crois qu’il est sincère lorsqu’il exprime des remords», a dit M. Robichaud.

Avant de prendre sa décision, la juge Landry devait déterminer si une absolution serait dans l’intérêt de l’accusé et dans l’intérêt du public. Lors d’une pause, les victimes et les membres de leurs familles ont soumis une lettre à la Couronne pour demander à la cour d’accepter la demande d’une absolution conditionnelle pour que l’accusé, qui commence sa vie d’adulte, ne doive pas subir les conséquences d’un casier judiciaire.

Après quelques heures de délibération, la juge Landry a éventuellement accepté cette condition.

Concrètement, Lucas Gagnon sera soumis à une période de probation de deux ans. Il devra respecter plusieurs conditions, dont celle de garder la paix et une bonne conduite. Il devra aussi faire un don de 1150$ à l’organisme de son choix, soit la SPCA de Shippagan.

«Une absolution conditionnelle ne veut pas dire qu’une personne va s’en laver les mains. Ça veut dire qu’elle n’aura pas de dossier criminel après la période de probation, à condition qu’elle suive la probation à la lettre. Le non-respect des conditions peut entraîner des accusations au criminel.»

Les deux autres jeunes, qui étaient âgés de moins de 18 ans au moment des faits, ont déjà reçu leur peine. Le conducteur, de Pigeon Hill, a reçu une peine de deux ans pour une accusation de défaut de s’arrêter lors d’un accident. Il devra suivre une probation supervisée et effectuer 240 heures de travaux communautaires. Le tribunal a également imposé une interdiction de conduire pendant un an.

L’autre passager, d’Inkerman, a été condamné pour avoir été complice dans cette affaire. Il devra suivre une probation de deux ans et effectuer 100 heures de travaux communautaires.