Les rats s’invitent chez des habitants dans le nord de Moncton

Armés de pièges et de poison, certains habitants du nord de Moncton luttent contre les rats. Une habitante a averti la mairie de la prolifération de ces rongeurs nuisibles.

«Le chien de ma voisine est mort après avoir été mordu par un rat», s’indigne Murlana MacDonald, habitant rue Isington dans le nord de la municipalité. Durant le conseil municipal de lundi, elle a soulevé ce problème devant la mairesse et les différents conseillers. «Ils sont présents dans les rues Evergreen, Twin Oaks, Isington et Know, et probablement d’autres, mais c’est juste ce dont j’ai eu accès. C’est un problème bien plus gros que ce qu’on a pu constater auparavant», insiste-t-elle.

Un habitant de la rue Isington qui a souhaité garder l’anonymat affirme qu’il en a attrapé «une vingtaine depuis les quatre derniers mois». Il ne s’attend pourtant pas à ce que la mairie réagisse à ce sujet. «C’est peut-être un problème qu’ils ont créé avec les travaux qu’ils sont en train de faire dans le coin. Mais que voulez-vous qu’ils fassent ? Les rats sont chez nous, donc c’est à nous de s’en occuper».

Alors que quelques personnes du quartier affirment ne jamais avoir vu de rats, certains habitants voient leurs modes de vie affectés par ces nuisibles. C’est le cas de Gardie Wilson qui ne laisse plus ses enfants jouer dehors. «J’ai vu des rats sous le bac à sable de mes enfants, j’ai vu aussi qu’ils creusaient des trous dedans», se désole-t-il.

Face à ce problème, le conseiller Bryan Butler a publié sur sa page Facebook des conseils aux habitants. «Les rongeurs ont besoin de deux choses: de la nourriture et de l’eau. Si vous enlevez l’un de ces deux éléments, ils ne resteront pas longtemps», écrit-il tout en avisant les citoyens «de ne pas laisser leurs déchets dehors» et de «ramasser les excréments des animaux de compagnie».

Problème ponctuel ou à long terme?

Bien qu’elle remercie la municipalité pour sa réactivité, Murlana MacDonald souhaite que la ville de Moncton s’investisse davantage: «Pour moi, il y a un grand danger, et la municipalité devrait nous aider un peu plus qu’en disant de régler nous-mêmes ces problèmes, parce que s’il y a un rat chez mon voisin, il peut arriver chez moi.»

D’après elle, ce n’est pas uniquement parce que des déchets sont abandonnés dehors que les rats pointent leurs museaux. «Un de mes voisins a vu un rat grimper sur sa poubelle. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne réussissent à aller à l’intérieur. Donc on pourrait penser que les rats peuvent être attirés parce qu’un enfant a laissé tomber sa sucette dans le jardin, mais c’est un phénomène plus important que ça.»

Pour l’habitante ce problème vécu par les habitants pourrait toucher la mairie à long terme: «Qui achèterait une maison dans un quartier infesté par les rats? Et si la valeur de ma maison baisse, les taxes que je vais payer vont également baisser. La mairie doit être plus préoccupée par rapport à cela.»

Murlana MacDonald garde tout de même espoir. «Un des conseillers avait dit qu’il appellerait les villes des alentours pour savoir quelles étaient les meilleures pratiques contre les rats. J’attends de la municipalité que l’été prochain je puisse ouvrir ma porte et laisser entrer l’air dans ma maison.»