L’été sourit à Cannabis NB

Après des débuts en dent de scie côté approvisionnement, les choses tendent à se replacer chez Cannabis NB alors que de plus en plus de produits provenant d’un plus grand nombre de producteurs font leur apparition sur les tablettes.

Tout n’est pas encore parfait, mais la pénurie de produits semble tranquillement se résorber.

«Ça va mieux. On semble avoir atteint un certain rythme de croisière au niveau de l’approvisionnement, une certaine stabilité. On a plus de disponibilité au niveau de nos produits, mais aussi plus de diversité», confirme Marie-Andrée Bolduc, porte-parole de Cannabis NB, soulignant que plusieurs fournisseurs sont venus gonfler le catalogue offert par l’organisme.

Mme Bolduc souligne que ces améliorations s’effectuent sur une base continuelle alors que Cannabis NB poursuit ses pourparlers auprès d’autres fournisseurs souhaitant tester le marché néo-brunswickois.

Cette stabilité au niveau de l’approvisionnement arrive par ailleurs à un bon moment, alors que l’été bat son plein, le premier depuis la légalisation.

Mme Bolduc soutient que son organisation garde un œil attentif sur la situation maintenant que le beau temps semble s’être installé.

«Étant à notre premier été, on est très curieux de voir comment ça allait aller, comment iront les ventes, surtout à l’aube de la haute saison touristique. On a hâte de voir quelle sera la demande de nos succursales, car on soupçonne que certaines seront plus occupées que d’autres», estime-t-elle.

En préparation pour la saison estivale, Cannabis NB a d’ailleurs demandé à ses magasins d’être aux aguets des événements planifiés (comme les festivals), question d’ajuster la répartition de l’approvisionnement en conséquence. Il en va de même pour certaines régions.

«Je pense, entre autres, à la succursale de Shédiac qui est un haut lieu touristique avec ses plages, ses campings et ses nombreux touristes. On veut pouvoir réagir rapidement et rediriger les produits au besoin dans les régions où la demande est plus forte», explique-t-elle.

Celle-ci confirme par ailleurs avoir décelé une augmentation de ventes partout à travers le réseau de magasins de la province. Cependant, il serait encore tôt pour déterminer si cette tendance est due au tourisme, au beau temps, à une meilleure sélection de produits disponibles ou même à une réduction des prix sur certains produits.

«Après seulement quelques semaines dans la saison, nous ne disposons pas d’information concrète sur les tendances pour savoir exactement ce que l’été signifiera pour le commerce. Les premières indications semblent indiquer que le trafic en magasin augmente lorsqu’il fait chaud et lors des longues fins de semaine», dit Mme Bolduc.

Récolter au lieu d’acheter

Depuis octobre, il est possible (et légal) d’ajouter à son jardin jusqu’à un maximum de quatre plants de cannabis. Puisqu’il s’agit du premier été depuis la légalisation, on peut donc s’attendre à ce que plusieurs Néo-Brunswickois procèdent à leur première récolte à l’automne.

Depuis janvier, Cannabis NB propose des graines aux amateurs qui voudraient tenter l’expérience. Pour le moment par contre, deux seules variétés sont disponibles, toutes deux en provenance de la compagnie Canopy Growth.

«Il faut dire que ce ne sont pas tous les producteurs qui offrent de graines ou qui désirent se lancer dans la vente de ce type de produit», soutient Mme Bolduc.

Difficiles d’accès au départ (comme plusieurs autres produits), on retrouve aujourd’hui des graines de marijuana sur tablettes de plusieurs succursales ainsi qu’en ligne. Le produit a-t-il séduit les consommateurs? Selon la porte-parole, le succès est mitigé.

«Nous ne voyons pas une immense de tendance de vente envers les graines. Il est vrai que la sélection est limitée, mais c’est aussi possiblement parce qu’il s’avère délicat de faire pousser les plants. Il se pourrait que certains clients soient tout simplement plus confortables d’acheter le produit déjà prêt», estime-t-elle.

Étudiant issu du programme de Culture du cannabis, Gaétan (nom fictif) ne s’est pas fait prier pour tenter l’expérience. Dès l’officialisation de la légalisation, il a mis la main sur des graines afin de mettre en pratique la théorie. Cela s’est traduit par une petite plantation intérieure.

Sur les quatre graines qu’il avait en main, une seule a toutefois germé.

«Mais puisque je savais quoi faire, j’ai démarré trois autres plants à l’aide des boutures de celui qui avait fonctionné. Ils ont tous survécu et fleuris et j’ai pu faire une récolte quelques mois plus tard, en février. Ce fut vraiment plaisant à faire, du début à la fin», raconte-t-il.

Sa récolte lui a permis de mettre la main sur une quantité somme toute appréciable de cannabis, soit un total de 25 onces de fleurs séchées. Six mois plus tard, il n’a toujours pas épuisé sa récolte.

«C’est certain qu’on sauve beaucoup d’argent en faisant pousser son propre cannabis. Ça revient moins cher qu’en succursale et c’est plus pratique, car on n’a plus besoin de se déplacer. Mais personnellement, je le fais surtout par plaisir, parce que j’aime voir les plants évoluer de jour en jour. Un autre avantage, c’est aussi de savoir exactement ce que contient le produit que tu consommes puisque c’est toi qui en es responsable», indique-t-il.

Malheureusement pour lui, il a manqué sa chance pour le premier été de culture extérieure.

«Faire pousser des plants à l’extérieur, c’est beaucoup plus simple qu’à l’intérieur, car la plante a tout ce donc elle a besoin dans la nature. Mais je n’ai pas eu le temps de me préparer suffisamment, de me construire un petit enclos. Et là, c’est trop tard dans la saison – au moins trois semaines – pour démarrer une culture qui en vaut la peine. Mais l’été prochain, je serai prêt», affirme-t-il, estimant qu’une récolte extérieure pourrait lui permettre de tripler sa récolte actuelle.

Qu’à cela ne tienne, Gaétan prévoit tenter à nouveau une récolte intérieure dès septembre.

Une offre de vente en ligne améliorée

Cannabis NB a ajouté un nouveau service à son offre de commande en ligne, mardi. Les consommateurs peuvent maintenant récupérer en succursale le cannabis qu’ils ont commandé en ligne.

La plateforme Cannabis NB Express est maintenant en fonction.

Depuis la légalisation de la marijuana, en octobre, les Néo-Brunswickois avaient l’option de commander divers produits sur le site web de Cannabis NB et de se les faire livrer par la poste.

Le site web de Cannabis NB permettre aux clients de sélectionner le magasin le plus près de chez eux, de choisir les filtres et de consulter les produits disponibles dans la succursale en question.

Ils pourront par la suite effectuer leur commande en ligne. Pour réaliser cette opération, ils devront toutefois se créer un compte sur le site de Cannabis NB.

Le personnel de l’équipe du magasin sélectionné préparera ensuite la commande et le consommateur recevra un courriel disant «Votre commande est prête à être récupérée».

Cette commande sera conservée pendant 72 heures.

«Cette option offrira donc plus de commodité aux clients tout en permettant à ceux-ci de parler avec notre équipe et de poser des questions», a indiqué Lara Wood, directrice générale de Cannabis NB.

La société de la Couronne explique que la disponibilité et l’uniformité des produits sont en voie de s’améliorer.

Les consommateurs qui veulent se procurer du cannabis en ligne et le récupérer dans un magasin devront être âgés de 19 ans et plus.

Le personnel demandera donc une pièce d’identité à ces clients-ci lorsqu’ils viendront en magasin.

 

(Avec la collaboration de la journaliste Lili Mercure)