Mort après avoir attendu l’ambulance pendant 34 minutes

Le chef pompier Ligouri Turbide en a assez. Un homme âgé de 49 ans est décédé d’un arrêt cardiaque à Baie-Sainte-Anne samedi soir alors que son équipe tentait de lui sauver la vie.

Il a fallu plus de 30 minutes à l’ambulance pour arriver sur les lieux.

«On a eu un appel à 22h pour un arrêt cardiaque. On était sur les lieux. L’ambulance qui venait à notre secours était à Miramichi», dit le chef pompier de Baie-Sainte-Anne en entrevue.

Il explique qu’il croyait d’abord qu’il n’y avait pas d’ambulance en poste à Baie-Sainte-Anne ce soir-là. Il a par contre appris par la suite qu’il y avait bel et bien une ambulance dans le coin, mais qu’elle avait été envoyée à Miramichi, et qu’une ambulance de Miramichi avait par la suite été envoyée à Baie-Sainte-Anne pour répondre à l’appel.

«Le problème, c’est qu’elle notre ambulance a été envoyée à Miramichi. C’était un homme âgé de 49 ans, et il n’a pas passé au travers. Je crois encore que si l’ambulance avait été dans la région, ça aurait peut-être changé les choses», soutient le chef de la brigade de pompiers de Baie-Sainte-Anne.

Les communautés de Miramichi et de Baie-Sainte-Anne sont situées à un peu plus d’une cinquantaine de kilomètres l’une de l’autre.

Ligouri Turbide exhorte le gouvernement à passer à l’action au sujet de la pénurie d’ambulanciers.

«Ce n’est pas en perdant des vies qu’on va changer le système. Le système est pourri et il faut que ça change, et on ne veut pas attendre deux ans pour un changement», assène-t-il d’un ton exaspéré.

Le travailleur d’urgence explique que des situations similaires se sont déjà produites dans le passé. Il y a environ un an et demi, une femme est décédée dans la même région après qu’une ambulance ait pris environ 30 minutes à arriver sur les lieux.

Tout comme samedi, les pompiers avaient alors pratiqué la manoeuvre de réanimation cardio-pulmonaire, mais n’ont pas pu lui sauver la vie.

«Il y a tellement peu de personnel (ambulancier) pour travailler qu’il y a plusieurs régions qui ne sont pas couvertes», dit M. Turbide.

Le chef pompier affirme que le gouvernement pourrait remédier à la pénurie d’ambulanciers en offrant de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires aux ambulanciers.

Chisholm Pothier, porte-parole des Services de santé Medavie, l’entreprise qui régit le service d’Ambulance NB, a fourni des explications sur les événements de samedi soir.

«Comme deux ambulances du district, dont celle de Baie-Sainte-Anne, répondaient à d’autres appels au moment des faits, une ambulance de Miramichi a dû être dépêchée à l’appel en provenance de Baie-Ste-Anne et est arrivée sur les lieux dans un délai de 34 minutes», peut-on lire dans une réponse envoyée à l’Acadie Nouvelle lundi après-midi.

Il explique que dans le district en question – qui comprend Miramichi et Baie-Sainte-Anne –  des ambulances sont réparties entre les stations de Miramichi, de Neguac et de Baie-Sainte-Anne.

«Les ambulances se déplacent pour couvrir les régions où le besoin se fait sentir, d’après des données historiques prédisant d’où viendra probablement le prochain appel.»

L’ambulance qui a répondu à l’appel à Baie-Sainte-Anne n’était d’ailleurs pas dotée de travailleurs paramédicaux bilingues.

«La notion que les ambulances demeurent inactives dans les stationnements en raison de questions linguistiques est un mythe véhiculé par des gens qui ont des intérêts politiques», affirme le porte-parole.