Le PC poursuit sa campagne d’appels téléphoniques (en anglais) au N.-B.

La campagne d’appels et de messages non sollicités du Parti conservateur du Canada se poursuit de plus belle au Nouveau-Brunswick.

Malgré plusieurs plaintes d’électeurs dénonçant la réception d’appels téléphoniques et de messages textes non sollicités provenant du Parti conservateur du Canada (PCC), la formation politique ne semble pas vouloir mettre un frein à cette méthode de sollicitation aux allures parfois peu orthodoxes.

Cette récente campagne menée par la troupe d’Andrew Scheer est qualifiée par certains d’intrusive et de négative.

À moins de trois mois de la tenue de l’élection fédérale d’octobre 2019, l’Acadie Nouvelle a eu droit à un bel aperçu des efforts déployés par le PCC afin de faire le plein d’électeurs et de garnir sa caisse électorale, comme tout bon parti politique à l’approche d’un scrutin général.

Un appel récent logé au représentant de l’Acadie Nouvelle dans le Madawaska a permis de constater que les conservateurs ne ménagent aucun effort afin de soutirer de l’argent et des votes auprès des électeurs du pays.

D’entrée de jeu, l’appel téléphonique robotisé dépeint sans retenue durant de longs moments le premier ministre Justin Trudeau en tant que leader indigne de diriger le Canada.

Ensuite, une voix à l’autre bout du fil invite sans détour la personne ayant reçu l’appel à contribuer au Parti conservateur pour une somme de 1600$, soit le montant maximal qui est permis de verser à un parti politique enregistré en vertu de la Loi électorale du Canada.

Advenant un refus de l’électeur de verser l’imposant montant suggéré, la conversation à sens unique se poursuit alors que celui-ci est rapidement invité à verser une somme moindre, soit 200$ ou 400$.

À l’heure où le chef conservateur Andrew Scheer dit vouloir tendre la main aux francophones à travers le pays et être à leur écoute, il a été impossible d’entendre durant l’appel un seul mot en français.

Une préposée (bien vivante!) qui s’est finalement jointe à la conversation après quelques minutes n’était d’ailleurs pas en mesure de s’exprimer dans la langue de Molière.

Questionnée par l’Acadie Nouvelle, la direction du Parti conservateur du Canada n’a pas émis d’explications quant à ses méthodes particulières de sollicitation.

Son candidat dans la circonscription Madawaska-Restigouche, Nelson Fox, a simplement indiqué ne pas être au courant de cette campagne nationale menée par sa formation politique.

«Je n’ai jamais entendu parler d’une telle chose», a certifié le candidat conservateur, tout en préférant ne pas commenter.

Son adversaire politique, le député libéral René Arseneault, a pour sa part vertement dénoncé ces pratiques électorales.

«C’est quelque chose de tellement sale et antidémocratique dont j’ai déjà eu l’occasion d’entendre parler et qui est propre aux perdants, comme les conservateurs…», a affirmé l’actuel député de Madawaska-Restigouche.

Une pratique tout à fait légale

Questionné à son tour au sujet de ces pratiques de sollicitation, l’organisme Élections Canada a indiqué que le Parti conservateur du Canada n’enfreignait pas la loi électorale qui est en vigueur.

«Il est permis d’appeler les électeurs, et il s’agit d’une activité de campagne normale. Aussi bien les appels de vive voix que les appels automatisés faits au moyen d’un composeur-messager automatique sont permis», a expliqué Ghislain Desjardins, qui est porte-parole chez Élections Canada.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes est également on ne peut plus clair au sujet des télécommunications non sollicitées: les partis politiques et les candidats ne sont pas assujettis à la règle touchant la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus.

Ces entités politiques sont donc exemptées et peuvent appeler des particuliers, même s’ils sont inscrits sur le célèbre registre «Do Not Call» du CRTC.