Pénurie d’ambulanciers: des incitatifs seront offerts cet été

Un programme d’incitatifs à court terme sera mis en place par Medavie pour tenter de régler la pénurie d’ambulanciers pendant l’été.

Lors d’une courte entrevue téléphonique, le ministre de la Santé, Hugh Flemming, a affirmé à l’Acadie Nouvelle que Medavie fera des changements pour récompenser les ambulanciers qui travaillent dans des périodes de pénurie grave.

Chisholm Pothier, porte-parole de Services de santé Medavie, explique que ces incitatifs ont débuté le 25 juillet et qu’ils offerts jusqu’au 4 septembre.

Il affirme que les travailleurs paramédicaux qui feront des heures supplémentaires seront maintenant payés à temps double au lieu d’être payés à temps et demi.

Pour être admissible à la prime, les ambulanciers devront toutefois avoir pris aucun congé de maladie dans les quatre semaines précédentes.

De plus, les déplacements d’ambulanciers qui veulent combler des quarts de travail seront remboursés.

Cela permettra, par exemple, à des travailleurs paramédicaux des grands centres d’utiliser leur véhicule personnel pour aller combler des lacunes dans d’autres régions plus reculées.

Chisholm Pothier estime qu’environ 20% des ambulances de la province n’ont pas d’équipage la plupart des fins de semaine d’été. Entre les vacances et les congés maladie, la main-d’oeuvre se fait rare chez Ambulance NB.

«Comme n’importe qui dans n’importe quel emploi, les gens veulent avoir des fins de semaine comme jours de congés, donc c’est les fins de semaine que c’est le plus dur», explique le porte-parole au téléphone.

Samuel LeBlanc, coordonnateur syndical du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) local 4848, affirme que son syndicat était en négociations sur ce sujet depuis au moins deux jours.

«D’habitude, ces quarts de travail (où les employés sont en vacances ou en congé) ne sont simplement pas remplis. C’est souvent dans le nord qu’il y a des quarts de travail qui restent vides», affirme Samuel LeBlanc.

L’entente s’est concrétisée lors d’une réunion tenue mercredi après-midi entre le ministre Flemming et le PDG de Medavie, Bernard Lord. Le SCFP a également approuvé les incitatifs.

Le problème du manque d’employés à Ambulance NB est généralisé, selon le ministre Hugh Flemming, mais ce problème prend plus d’ampleur chaque été, entre autres, à cause des temps de vacances.

«Ce n’est pas un problème nouveau. Historiquement, durant les jours de fête et les périodes de vacances, il y a une pénurie [d’ambulanciers].»

Le ministre de la Santé rappelle que la responsabilité de régler ce problème revient à l’entreprise qui gère Ambulance NB, Services de santé Medavie.

«Régler ce problème, c’est le travail de Medavie, c’est le travail du gestionnaire. On a travaillé avec Medavie et le syndicat pour mettre en place un programme d’incitatifs à court terme pour encourager les gens à rester au travail.»

Une solution «temporaire»

Joel Mattatall est ambulancier de la région de Moncton. Il est aussi porte-parole d’un comité qui vise à ce que les travailleurs paramédicaux soient reclassés comme professionnels de la santé.

Selon lui, les changements annoncés jeudi représentent une solution temporaire à un problème qui ne l’est pas.

Il souligne que si 20% des ambulances sont vides la fin de semaine, c’est parce qu’environ 50 paramédicaux rentrent au travail pour faire des heures supplémentaires. Sinon, le pourcentage d’ambulances qui restent garées dans les garages serait beaucoup plus élevé.

«On accueille bien n’importe quel changement qui aide à remplir les ambulances dans l’intérêt de la sécurité publique, mais ça va être intéressant de voir les impacts de cette décision. Est-ce que le temps double va ramener 50 personnes de plus?» se demande le travailleur paramédical.

Il estime aussi que le critère de quatre semaines sans congé maladie peut poser problème.

«Je vois ce qu’ils veulent faire, mais c’est dans le meilleur intérêt de tout le monde qu’un paramédical prenne un congé s’il en a besoin. Ils sont exposés à une variété de maladies chaque jour ainsi qu’à des expériences traumatisantes», fait remarquer M. Mattatall.