Deux anges gardiens au secours des chats errants de la Péninsule

Préoccupées par le sort des chats errants, Kyla Thériault et Janny McLaughlin Robichaud, deux jeunes femmes de la Péninsule acadienne, ont récemment entrepris les démarches nécessaires pour mettre sur pied une section locale de CARMA – Cat Rescue Maritimes.

Jusqu’à maintenant, CARMA compte 14 sections locales au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Dans le nord du Nouveau-Brunswick, la seule à être active est à Bathurst. Si tout va bien, la section locale de la Péninsule acadienne amorcera ses activités cet automne.

Pour être clair, CARMA n’est pas un refuge pour animaux comme la SPCA. C’est plutôt un organisme qui vise à contrôler les populations de chats errants de façon humaine et de trouver des bénévoles prêts à surveiller leurs colonies. Le système préconisé est celui de «capturer, stériliser et relâcher».

«On voudrait que les gens puissent connaître CARMA et qu’ils soient sensibilisés au problème de chats errants. Il y a des grosses colonies de chats errants dans la Péninsule acadienne et quelqu’un doit s’en occuper», dit Kyla Thériault.

Il y a quelques mois seulement, Janny McLaughlin Robichaud, âgée de 26 ans, et Kyla Thériault, âgée de 20 ans, ne se connaissaient pas du tout, mais chacune de son côté effectuait un travail semblable. Lorsqu’elle tombait sur un chat errant, elle tentait de le capturer de façon humaine pour le faire stériliser. Ensuite, elles tentaient de lui trouver une famille d’adoption.

«J’ai rencontré Janny, parce qu’un jour, elle avait publié un message sur Facebook pour dire qu’elle avait trouvé une chatte et qu’elle cherchait quelqu’un pour l’adopter. Je suis habituée à voir ce genre de message et j’ai eu peur, car souvent après 2 ou 3 jours, si la personne n’a pas de réponse, elle va simplement se débarrasser du chat quelque part. Je lui ai envoyé un message.»

Les deux femmes se sont plutôt rendu compte qu’elles avaient plusieurs points en commun.

«On s’est mis à se parler et Janny a mentionné qu’elle voulait démarrer CARMA ici dans la Péninsule acadienne. Je lui ai dit de me garder dans ses contacts, parce que je voudrais en faire partie.»

Janny McLaughlin Robichaud connaissait déjà cet organisme, car elle a eu recours à ses services lorsqu’elle a voulu prendre soin d’une colonie de chats errants près de chez elle.

«À la fin, j’ai commencé à les faire stériliser avec mon argent. Après un bout, je ne voulais plus les tanner avec ça.»

Une opération de stérilisation chez le vétérinaire coûte assez cher, soit environ 200$ à 250$.

Les colonies de chats peuvent s’avérer un problème grave lorsqu’on en perd le contrôle.

«S’il y a une grange ou une maison abandonnée, les chats peuvent s’y retrouver. Dans un an, un ou deux chats peuvent facilement devenir 50 ou 60. Certaines personnes avec des bonnes intentions vont les nourrir, mais ça empire presque le problème, parce qu’un chat en santé est plus propice à se reproduire», ajoute Janny.

D’ailleurs, il arrive parfois que les gens prennent de mesures extrêmements cruelles pour s’en départir.

«Les problèmes de contrôle mènent les gens à poser des gestes très cruels, comme les placer dans un sac et les tapper contre une surface dure. Ils se disent que le chat est mort, mais le chat souffre dans le sac pendant un bout et quelqu’un les trouve après plusieurs jours. Ça arrive plus souvent qu’on ne le pense», dénonce Kyla.

Lorsque la population d’une colonie est sous contrôle, CARMA demande qu’une personne soit désignée responsable pour la surveiller en nourrissant les chats, leur donnant de l’eau et en s’assurant qu’ils demeurent en santé. Si un chat ne peut réintégrer sa colonie, CARMA se charge de lui trouver une famille pour l’adopter.

En s’associant à CARMA, les deux jeunes femmes espèrent donner du poids à leurs démarches, rassembler plus de bénévoles et récolter davantage de sous pour soutenir leurs efforts.