Examen d’entrée à la profession d’infirmière: une solution en vue

La nouvelle stratégie provinciale en matière de ressources infirmières qui est sur le point d’être lancée proposera une piste de solution pour régler la crise de l’examen national d’entrée à la profession.

Une porte-parole du ministère de la Santé a indiqué au journal cette semaine que la stratégie de dix ans promise par le gouvernement de Blaine Higgs dans son discours du trône en novembre sera rendue publique «au cours des prochains jours».

Alysha Elliott a confié qu’«une mesure comprise dans la stratégie vise la collaboration avec les intervenants en vue d’améliorer les processus liés à l’examen d’admission dans la profession»,

Le gouvernement avait également promis dans son discours du trône que ce plan permettrait d’«éliminer les obstacles à la formation et au recrutement du personnel infirmier».

Il a été révélé cette semaine que les diplômées en science infirmière de l’Université de Moncton éprouvent toujours de sérieuses difficultés avec l’examen NCLEX-RN.

Selon l’U de M, 64% de ses futures infirmières ont réussi l’examen NCLEX-RN du premier coup en 2018. Le taux de réussite la même année était de 84% à l’Université du Nouveau-Brunswick et de 85,6% dans l’ensemble du pays.

La traduction, mais surtout le manque de ressources de préparation en français, sont souvent blâmés pour les déboires des francophones à l’examen informatisé importé des États-Unis en 2015 et adapté pour le Canada.

L’an dernier, le commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick a déterminé que l’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick avait enfreint la Loi sur les langues officielles en adoptant un examen qui «défavorise nettement les candidats francophones».

L’Association, qui défend l’examen bec et ongles, est l’ordre professionnel qui réglemente la profession infirmière dans la province.

Le gouvernement avait nommé une médiatrice l’an dernier dans la foulée du rapport du commissariat afin de trouver une sortie de crise entre l’Université de Moncton et l’Association. Les deux organisations ont cependant claqué la porte durant l’hiver sans avoir réussi à s’entendre.

L’université acadienne et l’Association des infirmières font toutes les deux parties du comité directeur chargé d’élaborer la stratégie provinciale en matière de ressources infirmières.

Le comité compte aussi des représentants issus du gouvernement, des réseaux de la santé, du Syndicat des infirmières et infirmiers, de l’Université du Nouveau-Brunswick, de l’Association des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés et de l’Association des foyers de soins.

Le comité doit s’attaquer à la pénurie de personnel infirmier dans la province.

La situation est particulièrement inquiétante pour le réseau de la santé francophone étant donné les difficultés supplémentaires des diplômées de l’U de M avec NCLEX-RN.

«Il va sans dire que nous sommes grandement préoccupés par le faible taux d’accessibilité à la profession d’infirmières au Nouveau-Brunswick, en particulier lorsqu’il s’agit d’infirmières francophones, puisqu’elles font partie intégrante du statut linguistique de notre organisation», a indiqué le président-directeur général de Vitalité, Gilles Lanteigne.

«Nous devons donc nous serrer les coudes et travailler ensemble à la conception de solutions concrètes qui garantiront la pérennité d’un système de santé bénéfique aux générations présentes et futures.»