Que se cache-t-il au fond de la baie de Saint-Simon?

Une chose est certaine: il y a bel et bien une «anomalie» dans la baie de Saint-Simon. Mais est-ce réellement l’épave du navire du corsaire Antoine Charles-Denys de Saint-Simon? On n’en a pas encore la preuve formelle.

Cette «anomalie» a de nouveau été détectée il y a quelques jours, par l’équipe du Dr Brad Loewen, professeur d’archéologie subaquatique de l’Université de Montréal.

Accompagné de trois plongeurs, l’enseignant spécialiste s’est intéressé à ce qui pouvait bien se trouver sous deux mètres de sédiments, en plein milieu de cette célèbre baie au coeur d’une poursuite épique en pleine guerre au milieu du XVIIIe siècle.

Sous la supervision du maître plongeur Éric Thériault, Émilie Teasdale, Marianne Dorais et Sarai Barrejro ont endossé leurs équipements de plongée et ont scruté ce territoire, malgré le peu de visibilité.

«Ils ont détecté cette anomalie au même endroit que Mario Cyr et Onil Comeau, en 2012. Ça laisse supposer que le bateau est là. Mais la preuve formelle est difficile à obtenir. Ça prend des appareils spéciaux pour aller creuser dans cette boue. Mais d’après moi, ils l’ont trouvé», indique Pierrette Duguay, présidente du comité Les épaves de la baie de Saint-Simon.

En archéologie, une supposition demeure une supposition, rien de plus. On préfère de loin travailler avec du concret, de la réalité et des artefacts qui prouvent hors de tout doute l’existence d’un fait ou d’un événement du passé.

C’est pourquoi le comité voudrait absolument trouver les moyens techniques et financiers nécessaires afin d’aller explorer plus en profondeur cette zone mystérieuse.

Car il se pourrait que ce ne soit pas les restes du navire pourchassé par les Britanniques à l’automne de 1760. D’autres bateaux pirates auraient sillonné ces eaux durant cette période, selon les informations connues jusqu’à présent.

Le corsaire Antoine Charles-Denys de Saint-Simon et ses 47 membres d’équipage se sont réfugiés dans cette baie avant de couler leur embarcation. Ils ont gagné la rive et passé l’hiver dans la région. Le capitaine a regagné l’Europe l’été suivant, mais ses équipiers sont demeurés dans le secteur et se sont éparpillés sur les terrains de ce qu’on connaît aujourd’hui comme étant Saint-Simon, Bas-Caraquet et Caraquet.

En 2012, Onil Comeau a trouvé un morceau de bois qui daterait de cette époque. Il s’agirait de chêne provenant d’Europe, un matériau majeur dans la construction de navires au XVIIIe siècle. L’analyse effectuée à l’Université Mount Allison n’a pas pu déterminer avec plus de précision l’âge de cet artefact, en raison des épaisseurs de goudron.

Un musée relatant le passage de ce corsaire dans la Péninsule acadienne connaît beaucoup de popularité à Saint-Simon.