Les libéraux peu pressés de conserver leur siège de Tobique-Mactaquac

À moins de trois mois du scrutin général devant se tenir le 21 octobre, les libéraux de Justin Trudeau ne semblent pas pressés d’y aller d’efforts afin de conserver à la Chambre des communes leur siège de député de la circonscription de Tobique-Mactaquac.

Alors que le Parti conservateur du Canada a désigné, en février 2018, Richard Bragdon en tant que candidat lors de l’élection, les libéraux ne sont toujours pas parvenus à dénicher un adversaire politique qui fera la lutte à ce dernier et à la troupe du chef Andrew Scheer.

Le Parti libéral du Canada n’a même pas encore fixé une date pour la tenue d’une assemblée d’investiture dans l’immense circonscription qui s’étend dans les comtés de Victoria, Carleton, York et même dans une portion du Madawaska.

Pourtant, la circonscription de Tobique-Mactaquac est loin d’être imprenable pour les libéraux de Justin Trudeau.

Celle-ci est d’ailleurs actuellement représentée par le député libéral TJ Harvey, qui a fait part il y a déjà un certain temps de son intention de quitter la vie politique.

Un survol de l’histoire politique de la région depuis les années 1980 permet également de constater que les électeurs ont l’habitude d’accorder leur confiance tant aux libéraux qu’aux conservateurs qui se sont équitablement partagé les tâches de député à Ottawa depuis 40 ans.

La situation ne semble guère inquiéter les hautes instances du Parti libéral qui préparent la prochaine joute électorale dans Tobique-Mactaquac et depuis la capitale fédérale.

«Pour des raisons de confidentialité, le Parti libéral ne commente pas sur les candidats potentiels à l’investiture, mais nous sommes approchés par plusieurs leaders progressistes qui sont intéressés à se présenter pour l’équipe Trudeau au Nouveau-Brunswick et partout au pays. Le processus ira de l’avant sous peu et sera effectué en conformité avec les règles nationales de sélection des candidats», a indiqué William Harvey-Blouin, stratège libéral à la Mobilisation et du soutien aux candidats.

«Dans Tobique-Mactaquac et dans les collectivités du Nouveau-Brunswick tout entier, les libéraux sont impatients de mener une campagne positive.»

Cette absence de candidat libéral ou de date d’assemblée d’investiture prévue à l’horaire semble quelque peu étonner l’actuel député TJ Harvey, qui affirme toutefois ne pas douter de l’annonce imminente d’un candidat issue l’équipe de Justin Trudeau.

Croisade électorale

À l’autre bout de l’échiquier politique, le candidat conservateur Richard Bragdon poursuit quant à lui sa croisade électorale entamée il y a plus d’un an.

Certes, les candidats Rowan Miller (Parti vert) et Dominic Guay (Parti populaire du Canada) seront également de la prochaine joute électorale, mais ces derniers sont loin de représenter un très gros risque pour les conservateurs et les libéraux.

Défait par le représentant du Parti libéral TJ Harvey lors de l’élection fédérale de 2015, Richard Bragdon entend bien obtenir plus de succès lors du scrutin automnal et par le fait même son ticket de député pour la Chambre des communes.

Même pratiquement seul dans la course, le candidat conservateur ne tient rien pour acquis. Il continue de frapper aux portes des électeurs, peu importe s’il se trouve dans la région de Fredericton ou dans celle de Grand-Sault qui est située complètement à l’autre bout de la circonscription.

«Il reste encore bien du chemin et du travail à faire avant de penser à louer un condo près de la colline Parlementaire à Ottawa!», a affirmé d’entrée de jeu celui qui est natif de Woodstock.

«Je suis pas mal certain que le nom d’un candidat du Parti libéral va s’ajouter sur les bulletins de vote sous peu», a ajouté Richard Bragdon lors d’un entretien accordé à l’Acadie Nouvelle.

Celui-ci dit ignorer si le PLC s’apprête à annoncer la venue d’un candidat vedette dans Tobique-Mactaquac ou bien si le parti entend au contraire simplement faire acte de présence et littéralement concéder la victoire et le siège de député aux conservateurs.

«Je crois quand même qu’il y aura une belle lutte électorale et suis déjà excité à l’idée de pouvoir débattre avec un éventuel candidat libéral, peu importe son identité.»