Les églises acadiennes à l’unisson pour commémorer la Déportation

La Commission de l’Odyssée acadienne et la Société Nationale de l’Acadie (SNA) lancent une invitation à toutes les églises canadiennes de l’Atlantique à faire sonner leurs cloches ce dimanche 28 juillet à 17h55. Cette initiative se veut de souligner la journée officielle de commémoration du Grand Dérangement.

Le 28 juillet 1755 marque un point tragique de l’histoire acadienne. Le lieutenant-gouverneur Charles Lawrence du Conseil de Nouvelle-Écosse signe officiellement l’ordre de déportation des Acadiens.

Plus de 264 années plus tard, commémorer le Grand Dérangement demeure toujours aussi symbolique que nécessaire selon Jean Gaudet, président de la commission de l’Odyssé acadienne.

«Je pense qu’on a un devoir de mémoire envers nos ancêtres. C’est une fierté pour nous autres d’avoir réussi à survivre comme peuple acadien», affirme-t-il.

Le 28 juillet est également une date reconnue depuis 2005 par le gouvernement canadien pour la souffrance sans mot qu’ont subie les Acadiens.

«Il y a des faits historiques indéniables. Nos ancêtres ont subi des torts qui ont été reconnus officiellement par le fédéral», dit-il.

M. Gaudet ajoute que les organismes acadiens auraient souhaité que cette reconnaissance soit un peu plus précise. Il s’agit tout de même dans d’un pas vers l’avant selon lui.

Jean Gaudet au monument de l’Odysée acadienne de Dieppe – Archives

À la même époque, la Commission de l’Odyssée acadienne avait commencé à installer des monuments commémoratifs dans les endroits clés de l’histoire acadienne. Aujourd’hui, 16 de ces monuments sont érigés et soulignent la mémoire des victimes du Grand Dérangement.

Ils sont à Dieppe, Halifax, Saint-Basile, Miramichi, Miquelon, Carleton-sur-Mer, Houma (Louisiane), etc.

Chaque année, des Acadiens se rendent à ces monuments afin de commémorer avec fierté leurs ancêtres et ainsi honorer les victimes de la Déportation.

La Déportation est le point de départ de la période du Grand Dérangement. La commémoration de ce dimanche honore les femmes, hommes et enfants qui ont été dépossédés, emprisonnés et déportés entre le 1755 et 1763.

La Commission de l’Odyssée invite donc le public à assister à la cérémonie de leur ville ou de leur village. Habituellement, les gens se rassemblent à 17h30 au monument commémoratif. Un historien de la région raconte un brin d’histoire acadienne. À 17h55, au son des cloches, les familles peuvent déposer une fleur sur le monument en mémoire de leurs ancêtres.

«C’est pas une question de brailler sur notre passé, c’est une question de le reconnaître et de s’assurer qu’on est là pour rester. Il faut prendre les moyens de manifester notre fierté de rester», fait valoir M. Gaudet.

Faire sonner les cloches des églises est une idée empruntée l’Église Covenanter à Grand-Pré (N.-É.). Depuis plusieurs années, cette église fait sonner ses cloches afin de souligner, et surtout de ne jamais oublier cette journée sombre de l’histoire acadienne.