Le réchauffement des eaux provoquerait des maladies chez le homard

Le réchauffement du détroit de Northumberland pourrait provoquer des maladies dans les stocks de homard, avertit un chercheur américain. Une biologiste du ministère des Pêches et des Océans du Canada ne croit cependant pas qu’il y ait raison de s’inquiéter.

Le réchauffement des eaux au large de Rhode Island, état américain situé au sud de Boston, sont associés à un essor de la maladie de la carapace dans le stock du homard.

Les crustacés atteints de cette maladie ont un exosquelette «grêlé, érodé et mélanisé» sur les sites de l’infection, décrit-on sur le site internet du MPO. Naturellement, les homards touchés ont peu de valeur sur les marchés.

«La défiguration de la cuticule des homards provoquée par la maladie de la carapace réduit leur valeur marchande. Bien que cette maladie, lorsqu’elle est légère ou modérée, ne soit pas mortelle, les cas graves provoquent la mort des individus touchés.»

Richard Wahle, scientifique de l’Université du Maine, observe une corrélation entre des eaux dont la température est au-dessus de 20 degrés Celsius et la prévalence de la maladie de la carapace. Le détroit de Northumberland, étant peu profond et relativement isolé du reste du golfe du Saint-Laurent, serait plus «vulnérable aux effets nocifs du réchauffement de l’eau».

«Il pourrait y avoir des inquiétudes dans les endroits où la température de l’eau est déjà élevée», mentionne-t-il, précisant qu’il n’a pas de données sur la maladie de la carapace dans le golfe du Saint-Laurent.

Amélie Rondeau, biologiste au ministère des Pêches et des Océans, se fait rassurante. Elle souligne que, contrairement à l’eau au large du nord-est des États-Unis, le détroit de Northumberland gèle complètement chaque hiver, ce qui prévient une hausse continue de la température.

«Dans le détroit et dans une grande partie du sud du golfe du Saint-Laurent, nous avons des hivers assez rigoureux. Il se forme chaque année une bonne couverture de glace. Cela nous met à l’abri du réchauffement systématique des eaux.»

«Dans le golfe du Maine, il n’y a pas de glace. Donc, chaque année, la température augmente et augmente sans qu’il y ait de frein.»

Mme Rondeau assure également que, malgré certains étés où les eaux sont plus chaudes, il n’y a pas de signes comme quoi la maladie de la carapace est en essor dans le détroit de Northumberland.

«Il y a eu un gros coup au Rhode Island avec la maladie de la carapace. Un facteur mis de l’avant pour expliquer ça est la température. Mais ce n’est qu’un facteur parmi d’autres, il n’y a pas de causalité directe. Plusieurs autres facteurs existent, et ils n’ont pas tous été identifiés.»

«Dans les eaux canadiennes, on n’a jamais vu de vraie occurrence de maladie de carapace chez le homard. Nos eaux sont chaudes. Elles sont même aussi chaudes que certaines places en Nouvelle-Angleterre. Mais à ce jour, on n’a pas vu de phénomène de maladie de la carapace comme là bas. Cela nous laisse conclure qu’il y a d’autres facteurs en Nouvelle-Angleterre que nous n’avons pas ici.»

La pêche au homard dans le détroit de Northumberland, aussi connu comme la zone de pêche au homard 25, sera lancée durant la deuxième semaine d’août. Les homardiers de Kent et du Sud-Est pêchent jusqu’en mi-octobre.