Lock-out: l’impasse reste totale à Bathurst

Le syndicat Canadien des fonctions publiques reproche au maire de Bathurst, Paolo Fongemie, d’avoir émis, la semaine dernière, un avis de lock-out aux employés administratifs «sans l’appui de ses conseillers».

Le SCFP soutient que les conseillers n’ont pas eu leur mot à dire dans la décision d’interdire aux 22 travailleurs syndiqués de rentrer au travail, jeudi dernier.

«Nous demandons aux conseillers municipaux de convoquer une réunion spéciale immédiatement afin de discuter et de voter sur la question du lock-out et de ses répercussions sur les citoyens de Bathurst», a souligné le SCFP dans un communiqué de presse.

En fin de semaine, Paolo Fongemie s’est tourné vers Facebook pour clarifier quelques points, notamment la raison pour laquelle les élus n’ont pas voté publiquement dans ce dossier.

M. Fongémie explique que ses conseillers n’ont pas voté lors d’une réunion publique puisque cela ne fait pas partie de la procédure.

«Vous ne pensez pas que la ville s’assure de respecter la Loi sur la gouvernance locale avant d’émettre un avis de lock-out? Vous ne me croyez pas? Vous pouvez consulter la réglementation provinciale.»

M. Fongémie rappelle également qu’il a été accompagné dans les négociations au cours des six derniers mois par un conciliateur désigné par le gouvernement provincial, et que les élus lui ont donné unanimement la directive de transmettre l’avis de lock-out à l’équipe de gestion.

Une question de taxes

Selon le syndicat, les employés administratifs de la Ville demande une augmentation «relative» au coût de la vie, soit de 6% sur cinq ans.

Le syndicat souligne également que, contrairement à ce qu’a avancé le maire la semaine dernière, le salaire moyen des employés administratifs de la Ville de Bathurst est de 53 000$ (et non 62 000$).

Selon le maire, les augmentations de salaire demandées par le syndicat ne peuvent être acceptée sans en subir les conséquences. Les citoyens en payeraient le prix, dit-il.

«Cela forcerait la Ville à augmenter les taxes foncières d’au moins quatre cents. Dans ce cas, nous deviendrions, et de loin, l’endroit le plus cher où vivre au Nouveau-Brunswick et nous ne voulons pas nous rendre là.»

Dans le contexte actuel, les augmentations salariales accordées au maire et ses conseillers, plus tôt en juillet, mettent de l’huile sur le feu.

«Je ne comprends tout simplement pas le timing de la décision», expriment plusieurs citoyens sur Facebook.

Ces hausses salariales représentent des dépenses supplémentaires de 36 000$ par année.

Le syndicat n’arrive pas, lui non plus, à justifier une augmentation si importante.

«Les élus ont reçu une augmentation d’au moins 15%. Pourquoi le maire ne s’inquiète-t-il pas que les citoyens doivent payer plus pour défrayer son salaire?», se demande Guy DeSilva, président de la section locale 1282 du SCFP.

M. Fongémie a tenu à répondre à ces critiques.

«Il fallait que ça se fasse et on l’a fait dans la dernière année de notre mandat. Il n’y a jamais de bon moment pour ajuster la rémunération du conseil.»

Les élus de Bathurst avaient reçu leur dernières augmentations de salaire en 2003.

Les manifestations se poursuivent

En cette épisode de canicule, les syndiqués continuent de manifester contre le lock-out devant l’hôtel de ville.

M. DeSilva note qu’il n’a reçu aucune nouvelle du maire.

«Nous voulons simplement retourner au travail, et négocier un salaire représentatif du coût de la vie, c’est tout.»

Le maire, pour sa part, demande à ce que les employés administratifs votent sur l’offre de 29 pages qui a été présentée le 18 juillet, ce qui n’a toujours pas été fait selon lui.