Ces aînés qui ne prennent pas leur retraite

Que ce soit par passion ou pour des raisons financières, certaines personnes âgées continuent d’exercer un emploi.

Âgée de 68 ans, Liliane continue de donner des cours de cuisine à Moncton.

«Je travaille huit jours par mois, environ quatre ou cinq heures par jour. Donc ce n’est vraiment pas du travail à temps plein», lance-t-elle.

Liliane a toujours travaillé dans sa vie et prend même un certain temps à se souvenir de l’âge qu’elle avait lorsqu’elle est entrée dans la vie active:

«J’ai commencé à 17 ans. Je travaillais d’abord en comptabilité, puis lorsque j’avais 40 ans, j’ai décidé de travailler dans la cuisine. C’était une passion», confie-t-elle.

«Je veux mettre un peu plus d’argent de côté», déclare-t-elle, en ajoutant que ça lui permet de voyager un peu plus.

Liliane n’a pas prévu de devenir retraitée à temps plein.

«Si ça marche toujours, je veux continuer autant que possible», confie-t-elle.

Un Canadien sur cinq âgé de 65 ans et plus avait exercé un emploi durant l’année 2015, d’après Statistique Canada. Ils représentaient 16,7% des personnes âgées au Nouveau-Brunswick en 2015.

Pour Luc Doucet, directeur de l’association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick, les personnes plus âgées peuvent continuer à travailler pour contrer la pénurie d’employés. «Un jour, j’ai reçu un coup de téléphone d’une dame qui travaille au district scolaire francophone sud. Elle me dit qu’il y a un grand manque de personnes pour faire de la suppléance dans les écoles, lorsque les enseignants sont absents», explique-t-il.

Luc Doucet a pu passer le mot aux membres de son organisation.

«Le district ne demandaient pas un brevet d’enseignant, mais des gens qui ont de l’expérience et qui pouvaient partager avec les plus jeunes. Et on a pu leur fournir toute une liste avec des personnes prêtes à travailler», déclare-t-il.

Travailler pour subsister

Pourtant, certaines personnes âgées exercent encore un travail davantage par obligation que par choix.

Selon Charles Burrell, fondateur de Humanity Project, de nombreuses personnes âgées se rendent à son association pour avoir un repas.

«Elles doivent choisir entre avoir des médicaments ou de la nourriture. Ici, nous leur fournissons de la nourriture», affirme-t-il

D’après lui, les raisons sont simples.

«Il suffit de regarder le coût de la vie, de la nourriture, du loyer, de l’électricité qui augmentent. Et quand tu as un revenu fixe, cela devient vite intenable», lance-t-il.

«Ces personnes âgées ne travaillent pas par choix. Elles ne préféreraient pas devoir encore travailler à temps partiel, alors que certains ont déjà passé plus de 50 ou 60 ans de leur vie à travailler», dénonce-t-il.

D’autant que les possibilités d’emploi sont là. Un recruteur pour un centre d’appel le confirme: «Nous n’avons aucun problème à employer des personnes plus âgées. Même si la personne à 70 ans, nous pouvons l’engager, nous sommes ouverts à tout. Leur expérience peut être un atout».