Notre-Dame-de-l’Assomption: une cathédrale numérique

La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, à Moncton, qui a effectué un virage numérique sous le nom de MR21, ouvrira ses portes au grand public le 6 août… juste à temps pour le Congrès mondial acadien (CMA).

«Ton pays s’est engagé dans une guerre mondiale. Les temps sont durs. L’espoir vacille» est la phrase d’ouverture du spectacle immersif de la cathédrale numérique.

L’histoire de Mgr Arthur Melanson est imagée sous une projection à 360 degrés dans la chapelle de la cathédrale. Ce spectacle emporte le visiteur au cœur de la première moitié du 20e siècle afin de suivre l’évêque Melanson tout au long de sa vie. On attribue à celui-ci un rôle crucial de la renaissance acadienne.

Une narratrice à la voix chaleureuse raconte les aléas du parcours d’Arthur Melanson, ses réalisations professionnelles ainsi que les obstacles qui se sont dressés devant lui.

La projection est teintée de couleurs vives mêlées à des images d’archive en noir et blanc. Des pointes d’humour rythment la présentation tandis que des mélodies folkloriques gardent les yeux des spectateurs aux aguets de la prochaine péripétie.

Mardi, les premiers visiteurs pourront expérimenter les technologies de pointe installées dans le cadre d’une méthode 2.0 pour attirer les visiteurs.

À l’entrée du bâtiment, un petit kiosque est posté à titre d’accueil pour y payer son billet.

Le spectacle immersif de la chapelle est l’attraction majeure du MR21-Monument de la Reconnaissance au 21e siècle. Cela n’empêche pas la cathédrale de s’être dotée d’autres installations interactives dans le but de nourrir l’œil curieux du spectateur.

De chaque côté de l’autel, deux grandes bornes interactives sont érigées afin de représenter les verrières et les scènes qui les composent.
Le spectateur peut toucher l’écran pour découvrir la légende cachée derrière chaque scène biblique.

Une des verrières raconte l’histoire de l’Acadie, tandis que l’autre l’histoire religieuse de fondation de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption.

Par exemple, une des scènes présente Évangéline qui offre la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption à la Vierge Marie.

Les visites ne sont pas guidées, donc libres aux passants d’explorer à leur guise l’attraction touristique. Du personnel est toujours sur place afin de répondre aux questions, voire raconter des anecdotes.

Des activités ont été conçues pour les familles comme «Soyez les détectives de MR21» qui sera en service ce mardi.

«On essaye de s’adapter aux différents visiteurs, ce qu’ils aiment», souligne Myriam Vaudry, guide interprète.

André Bourgeois, directeur de la société MR21 croit que la cathédrale pourrait attirer du tourisme religieux. Cet été, il s’attend toutefois à recevoir davantage du tourisme identitaire acadien en vue du CMA.

«Dès que l’idée du centre d’interprétation est née, le Congrès mondial 2019 a toujours été la cible», avance-t-il.

Les panneaux d’affichage installés pour l’attraction touristique peuvent être déplacés à l’occasion des services religieux.

«On voulait vraiment avoir une présence non intrusive dans les lieux pour qu’il maintienne sa dignité historique et sacrée».

André Bourgeois affirme que la cathédrale demeure une construction majeure et le projet architectural de la ville de Moncton à l’époque. Le bâtiment s’inscrivait dans la tradition nord-américaine du 20e siècle.

Il explique que même des gens originaires de Moncton qui ont fréquenté cette paroisse ne sont pas toujours au fait de la valeur patrimoniale du bâtiment.

«C’est vraiment la structure acadienne la plus monumentale et la plus importante, pourtant les Acadiens la connaissent très mal», conclu M. Bourgeois.

Pas seulement du numérique à voir

Les visites mettent aussi en avant les œuvres du sculpteur acadien Claude Roussel: les quatre statues de saints en marbre blanc et les deux fresques murales en verre opaque.

La première mosaïque de l’artiste représente les sept scènes de la vie de la Vierge Marie. La deuxième relate des liens qui unissent les Acadiens aux Premières Nations.

Les vitraux de la nef sont d’ailleurs entièrement dédiés aux personnages bibliques féminins. Une spécificité bien à l’avant garde pour l’époque (1940).

Les chapiteaux exposent des éléments bien spécifiques à l’Acadie, par exemple les métiers qui étaient pratiqués au temps de la construction de la cathédrale: agriculteurs, pêcheurs, tailleurs de pierre, etc.

«C’est aussi pertinent pour nos visiteurs anglophones», souligne M. Bourgeois.