Festival acadien: des milliers de billets invendus

La vente des billets du 57e Festival acadien de Caraquet est si lente que la direction tente un grand coup. Elle propose d’attirer les spectateurs avec un rabais de 50% en prévente pour les deux concerts du week-end sous le chapiteau près du Carrefour de la Mer.

Ça ne sent pas encore la panique au bureau du Festival, mais on se rend compte que ça ne démarre pas vraiment comme on le voudrait du côté de l’intérêt du public.

Les spectacles de vendredi, Vitrine sur la Baie et le Danny Party, et de samedi, le Party country avec Brian Kelly et Laurie LeBlanc, ont vendu à peine une centaine de billets chacun, alors que la tente peut accueillir jusqu’à 2000 personnes.

Devant cette réponse très timide, le conseil d’administration et la directrice générale du Festival, Geneviève Lanteigne, essaient de trouver une manière de mousser la prévente. Une évaluation de cette stratégie sera faite en début de semaine afin de déterminer si elle s’étendra sur d’autres rendez-vous sous le chapiteau d’ici au 15 août.

«On ne se le cachera pas, la vente des billets est très lente. Mais c’est un phénomène de plus en plus commun dans les festivals. Les gens attendent à la dernière minute et vont prendre leur billet à l’entrée le soir même», constate Geneviève Lanteigne.

Cette habitude crée un stress au sein de la direction, ajoute-t-elle. Dans ces conditions, il est difficile de prévoir à l’avance les revenus puisqu’il impossible de déterminer si les gens seront présents ou non.

C’est aussi inquiétant, dans le sens où le spectacle country était pourtant une forte demande des festivaliers, s’interroge la DG.

Ce rabais ne fait pas que des heureux. Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes se sont dites frustrées d’avoir acquis leurs billets à plein prix, alors qu’elles auraient pu attendre et les obtenir à 50%.

Là-dessus, la direction du Festival acadien de Caraquet a choisi d’offrir un billet gratuit à ceux qui avaient acheté leur billet au prix coûtant.

«Nous ne voulons offusquer personne, mais nous n’avions pas le choix de trouver un moyen pour attirer du monde sous le chapiteau», a signifié Mme Lanteigne.

Spectacles en salle

Le stress des ventes s’ajoute à la situation particulière du Festival acadien de Caraquet. Un déficit de plus de 150 000$ en 2018 a obligé la direction à remanier sa formule avec près de 200 000$ en moins à son budget de 2019.

Il n’y a pas que les spectacles sous le chapiteau qui ont du mal à attirer les amateurs. Ceux présentés dans la salle multifonctionnelle du Carrefour de la Mer sont loin d’afficher complet, à part celui de l’humoriste Mike Ward.

Lors du dévoilement de la programmation, en mai, on avait promis un Festival acadien de Caraquet mémorable. Si la vente de billets continue à ce rythme, la direction aura eu raison…

Jeudi après-midi, il restait encore plus de 180 sièges libres sur les 468 prévus pour Tire le Coyote. Les Hôtesses d’Hilaire et leur opéra rock n’ont même pas encore atteint 50% des ventes pour leur prestation de dimanche. Lundi, Zachary Richard et Joseph Edgar pourraient aussi jouer devant plusieurs places vides, car ils avaient atteint à peine 50%.

«Nous sommes prêts à accueillir les festivaliers, annonce une directrice générale fébrile à quelques heures de l’ouverture. Nous sommes très fiers de notre programmation. Si les gens viennent, ils vont triper. Mais il faut qu’ils viennent.»