La ferme de cannabis sera finalement construite près de Saint-Antoine

La plantation extérieure de cannabis qui devait être construite à Cap-Pelé sera finalement aménagée à Renauds Mills, à l’est de Saint-Antoine. Jusqu’à 100 000 plantes de cannabis pourraient être récoltées dans cette petite localité de Kent-Sud, en 2020.

L’ancienne ferme de canneberge située sur le chemin Yvon à Fred deviendra une ferme de cannabis.

Le porte-parole du projet, Marc LeBlanc, a confirmé à l’Acadie Nouvelle vendredi matin que le projet est en marche à Renauds Mills, une communauté faisant partie du district des services locaux du Grand Saint-Antoine.

Son équipe compte ériger l’infrastructure dans les prochains mois, en vue d’une première récolte en 2020. Si tout se déroule comme prévu, il estime que de 80 à 125 emplois seront créés dans la prochaine année.

«Notre objectif est de récolter 100 000 plantes. On va s’en servir pour des produits médicaux et comestibles.»

Le projet de M. LeBlanc a fait l’objet d’une controverse à Cap-Pelé au cours des derniers mois. Au début mai, il avait présenté les grandes lignes de son projet lors d’une réunion municipale. Quelques jours plus tard, un débat houleux a éclaté dans les médias sociaux. Le 15 mai, le projet a été annulé.

«Ce n’est pas nous qui ont décidé d’abandonner Cap-Pelé. Un groupe de citoyens a décidé de monter une campagne agressive contre le projet. On n’était pas d’accord avec ce qu’ils disaient, donc c’est là que ç’a fini.»

«On est vraiment mieux reçu ici. Un indicateur positif est qu’on a beaucoup d’investisseurs locaux qui ont embarqué dans l’aventure.»

Comme le DSL du Grand Saint-Antoine n’a pas de plan d’aménagement, la responsabilité de la gestion du territoire revient au gouvernement provincial. Comme le site, une ancienne ferme de canneberge, est déjà désigné comme une zone agricole, rien n’empêche le projet d’aller de l’avant.

«On n’a aucun pouvoir»

Le président du DSL, Ted Langis, admet qu’il préférerait ne pas voir le projet dans sa cour.

«J’aimerais mieux que ça n’arriverait pas. Mais si le fédéral et le provincial l’approuvent, puis que c’est légal, il n’y a pas grand-chose qu’on peut faire. On est juste un DSL, on n’a aucun pouvoir.»

Les arguments principaux des opposants du projet de Cap-Pelé concernaient les potentielles émissions d’odeurs dans la communauté. M. LeBlanc souligne que la période critique des odeurs s’étend sur une période de six semaines à l’automne. L’odeur n’est pas constante, et dépend des conditions météorologiques.

«Certains parlent d’odeurs «nuisibles», mais comment définit-on cela? Il y a des gens qui trouvent que ça sent bon. C’est une plante qui fleurit. On voit ça avec toutes les cultures. Dans un champ de patate, à un moment donné ça va sentir une certaine manière. Je n’aime pas d’appeler ces odeurs des nuisances. Ce ne l’est pas: c’est une partie de l’agriculture.»

À plus long terme, le projet pourrait créer jusqu’à 200 emplois dans Kent-Sud.

Marc LeBlanc est président de Solargram Farms, une entreprise qui a été achetée par Captiva Verde, de la Colombie-Britannique, en mai. Il est aussi fondateur de la distillerie Port-Royal.