Un enfant meurt par année après avoir été oublié dans un véhicule

Les morts d’enfant oublié dans un véhicule laissé en plein soleil sont peut-être plus fréquentes qu’on le pense, mais selon les auteurs d’une étude sur le sujet, les parents peuvent adopter de nombreuses habitudes pour empêcher de telles tragédies.

Selon l’étude de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, un enfant meurt chaque année au Canada après avoir été laissé à l’intérieur d’un véhicule surchauffé par le soleil.

L’oubli a joué un rôle dans quatre des six décès enregistrés de 2013 à 2018, dit l’étude publiée le mois dernier dans la revue officielle de la Société canadienne de pédiatrie, Pediatrics and Child Health. Les circonstances entourant un cas trop récent pour être recensé dans la recherche – la mort d’un enfant de 16 mois à Burnaby, en Colombie-Britannique – font toujours l’objet d’une enquête policière.

Co-auteure de l’étude, Joelene Huber dit que si de tels accidents peuvent arriver à tout le monde, l’adoption de nouvelles routines peut les prévenir.

« Ne laissez jamais un enfant sans surveillance dans un véhicule automobile, même pendant une minute, recommande-t-elle. C’est une règle que l’on doit se fixer: même si on oublie quelque chose dans la maison, on doit rentrer à la maison avec l’enfant. »

Dans la majorité des cas étudiés par les chercheurs, le parent ou le responsable de l’enfant avait oublié de le déposer à la garderie.

Mme Hubert souligne que pour éviter de telles tragédies, les parents doivent faire en sorte que les responsables des services garde les appellent si l’enfant est absent de manière inattendue.

Elle conseille aussi aux parents de mettre en place quelques habitudes pour se prémunir contre les oublis. Par exemple, ils peuvent placer leur cellulaire sur le siège arrière du véhicule lorsqu’un enfant y prend place.

La co-auteure de l’étude exhorte aussi les parents de se répéter comme un mantra: « regarde avant de verrouiller les portes ».

Selon elle, le fardeau ne repose pas uniquement sur les épaules des parents. Les auteurs suggèrent d’ajouter une section sur les dangers des véhicules chauds dans le Relevé postnatal Rourke, un guide factuel auquel se réfèrent souvent les médecins canadiens pour parler du développement de l’enfant aux parents, l’équivalent du « Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans » offert gratuitement à tous les nouveaux parents québécois.

La population en général a aussi un rôle à jouer, mentionne Mme Huber. Les personnes qui aperçoivent un enfant seul dans un véhicule chaud doivent appeler immédiatement le 9-1-1, même si l’enfant semble aller bien.

Elle rappelle que l’effet de serre qui se produit à l’intérieur des véhicules peut faire grimper la température interne à des niveaux mortels, même si le mercure n’atteint que 21 ou 22 degrés Celcius à l’extérieur.

Les répercussions peuvent être particulièrement graves pour l’enfant, dont le corps est mal équipé pour réguler la température. Mme Huber raconte qu’un enfant laissé dans un véhicule en pleine chaleur peut souffrir de délires, de crises d’épilepsie avant de sombrer dans le coma et mourir.

« Si l’enfant est en détresse, la police, avec qui nous en avons parlé, recommande de faire tout ce qu’on peut pour le sortir du véhicule. »