La Ville de Caraquet vient en aide au Festival acadien

La Ville de Caraquet a accepté, jeudi midi, d’appuyer une demande d’augmentation de 75 000$ de la marge de crédit du Festival acadien.

Pour être clair, la municipalité n’a pas offert un prêt ni une subvention au Festival.

«C’est la municipalité qui garantit la marge de crédit, mais c’est le Festival acadien qui va la payer. Ce n’est pas un prêt de la ville pour soutenir le festival et ce n’est pas de l’argent nouveau. On signe simplement pour aider le festival», a dit Kevin Haché, maire de Caraquet.

La direction du Festival acadien souhaitait accéder à de l’argent pour qu’elle puisse subvenir à ses besoins immédiats.

«L’argent a pour but de se rendre au 15 août sans problème et de s’assurer que les fournisseurs soient payés», a indiqué Geneviève Lanteigne, directrice générale du Festival.

Le Festival acadien se trouve actuellement aux prises avec des défis financiers. En 2018, il a connu un déficit de 153 000$. Le fonds de réserve de 200 000$ a permis d’absorber le coup, et la direction a réduit son budget à 750 000$ pour cette année, mais la prévente de billets a été lente, admet Mme Lanteigne. Autrement dit, la reconstitution du fonds de roulement ne se déroule pas exactement comme prévu.

Avant le début du 57e Festival acadien, la direction a proposé un rabais de 50% pour les billets achetés en prévente pour les deux premiers concerts du week-end.

Malgré les incitatifs, la participation au spectacle Une vitrine sur la baie + Danny Party est demeurée faible. Cependant, ils ont été plusieurs centaines à assister à la soirée de musique country avec Laurie LeBlanc et Brian Kelly.

Par ailleurs, le spectacle d’humour de Mike Ward a affiché complet alors qu’il ne restait que quelques billets pour l’Opéra rock des Hôtesses d’Hilaire ainsi que le spectacle mettant en vedette Zachary Richard, Raton Lover et Joseph Edgar.

«Nous avons eu de belles surprises depuis le début. Ç’a mieux été que l’on pensait. Beaucoup des ventes se font à la porte le jour même, mais c’est difficile à anticiper les revenus.»

Il reste encore plusieurs soirées de spectacles avant le 15 août mettant en vedette plusieurs groupes, dont 1755, le Winston Band, Bernard Adamus, Bleu Jeans Bleu et les Rats d’Swompe pour en nommer quelques-uns.

«Ce sont des soirées critiques pour nous qui vont nous permettre de voir ce que nous aurons comme revenus au niveau de la billetterie.»

La décision de la Ville de Caraquet n’est pas entièrement sans risque.

«On veut s’organiser avec le Festival. On sait qu’ils ont un plan de redressement. Pour le moment, ce n’est pas une dette pour nous, en espérant que le Festival sera capable de faire les paiements et c’est ça qu’on nous a dit qui allait se faire. Mais si demain, il s’avérait que le festival n’était pas en mesure de payer, c’est la municipalité qui devra assumer les coûts», dit Kevin Haché.

La demande du Festival a été appuyée à l’unanimité. Plusieurs conseillers ont pris la parole pour justifier leur décision.

«Le Festival est un moteur économique important pour la ville. Il crée beaucoup d’emplois. On ne parle pas seulement des artistes, mais aussi du personnel, les concierges, les techniciens, les gérants de salle, les emplois étudiants et ainsi de suite. Les commerçants et le domaine de l’hébergement en profitent aussi», a commenté la conseillère Marie-Soleil Landry.

Plan de redressement

La directrice Geneviève Lanteigne a également esquissé les grandes lignes du plan de redressement que le Festival acadien entend mettre en œuvre prochainement.

«Après le festival, nous allons faire un bilan avec l’équipe et le conseil d’administration. Par la suite, nous pourrions certainement proposer au conseil municipal de mettre sur pied une table de travail pour revoir la structure et parler du Festival acadien.»

Geneviève Lanteigne veut également rencontrer les organisateurs d’autres événements de la région et même de l’extérieur qui subissent des défis semblables.

«Le Festival acadien est là depuis longtemps, on veut que ça dure, mais il faudra peut-être revoir notre façon de le présenter. Tout en respectant notre mission, il faut aussi le rentabiliser autant que possible. On veut consulter d’autres événements qui ont subi les mêmes défis. Pas seulement au Nouveau-Brunswick nécessairement, mais il y a d’autres festivals qui ont mis en œuvre des plans pour se relever.»

La direction cherche aussi des moyens pour augmenter les revenus à longueur d’année, sans trop brûler l’équipe existante. La tenue d’une loterie est envisagée.

«En ce moment, nous avons seulement la loterie 50/50 qui existe seulement pendant le festival, mais ce n’est pas suffisant. Par exemple, il nous a été suggéré de tenir une loterie avec un grand prix et de l’étaler sur plusieurs mois. Bref, on veut trouver des fonds supplémentaires, sans que ce soit trop taxant pour les ressources humaines existantes. On veut que ce soit simple et efficace.»