Le prochain commissaire à l’intégrité devra être bilingue

Le nouveau commissaire à l’intégrité du Nouveau-Brunswick devra être suffisamment bilingue pour pouvoir communiquer à l’oral avec les deux communautés linguistiques de la province.

Ce nouveau critère diffère de la pratique habituelle à Fredericton voulant que le bilinguisme soit un atout plutôt qu’un prérequis pour les candidats aux postes de hauts fonctionnaires indépendants de l’Assemblée législative.

L’Assemblée est à la recherche d’un nouveau commissaire à l’intégrité pour remplacer le juge à la retraite Alexandre Deschênes qui a quitté son poste le 31 décembre.

Le commissaire à l’intégrité est notamment responsable du registre des lobbyistes et de l’application des lois entourant les conflits d’intérêts des élus et des fonctionnaires.

L’offre d’emploi publiée sur le web stipule dans la catégorie «qualifications essentielles» que le nouveau commissaire devra «être en mesure de communiquer dans les deux langues officielles» en ayant les «compétences requises à l’oral en anglais et en français».

Selon le greffier de l’Assemblée, Don Forestell, le comité de sélection a révisé l’offre d’emploi et «a décidé que le commissaire à l’intégrité devrait être en mesure de servir ses intervenants dans la langue de leur choix.»

Alexandre Deschênes était parfaitement bilingue, mais il ne s’agissait pas d’un prérequis lorsqu’il a été choisi pour devenir le premier commissaire à l’intégrité du N.-B. en 2016.

La commissaire aux langues officielles de l’époque, Katherine d’Entremont, avait d’ailleurs sévèrement critiqué le gouvernement pour son refus de faire du bilinguisme une compétence obligatoire pour les hauts fonctionnaires indépendants de l’Assemblée législative.

«Ces postes exigent la connaissance du français et de l’anglais afin que leurs détenteurs puissent communiquer directement avec les membres des deux communautés linguistiques», peut-on lire dans le rapport annuel 2016-2017 du commissariat aux langues officielles.

Mme d’Entremont s’était penchée sur la question à la suite d’une plainte d’un membre du public qui reprochait à la province l’absence du bilinguisme dans les qualifications requises pour trois postes à combler parmi les hauts fonctionnaires indépendants de l’Assemblée.

Le commissaire aux conflits d’intérêts, qui allait devenir le commissaire à l’intégrité, était parmi ces trois postes.

Katherine d’Entremont avait notamment constaté que le commissaire à l’intégrité devait transiger directement avec le public, les députés et les membres de la fonction publique, et ce, parfois en privé.

«Par quel moyen la personne occupant ces fonctions serait en mesure d’accomplir pleinement les responsabilités qui lui sont dévolues si elle n’est pas en mesure de respecter la langue de choix et comprendre l’information directement de ceux avec qui elle doit avoir des discussions personnelles?»

Mme d’Entremont avait recommandé l’adoption d’une loi similaire à celle en vigueur au Parlement canadien afin que tous les postes de hauts fonctionnaires indépendants de l’Assemblée soient désignés bilingues.

Sa recommandation avait été rejetée par le bureau du conseil exécutif qui était d’avis qu’il serait «imprudent» de la part du gouvernement «d’empêcher une personne unilingue ou ayant une compétence limitée en langue seconde de postuler» ces emplois.

Le bilinguisme obligatoire ne permettrait pas «à tous ceux qui sont qualifiés de bénéficier des mêmes chances», avait répondu le bureau du conseil exécutif.

Le bureau du conseil exécutif est au sommet de la fonction publique et il est en quelque sorte le ministère du premier ministre.

À l’époque, le gouvernement était dirigé par les libéraux du premier ministre Brian Gallant.

Le Nouveau-Brunswick compte sept hauts fonctionnaires indépendants au total. La vérificatrice générale, Kim MacPherson, et la directrice générale des élections, Kim Poffenroth, s’expriment difficilement en français.

L’ombu, Charles Murray, occupe le poste de commissaire à l’intégrité par intérim.

Les personnes intéressées ont jusqu’au 14 août pour soumettre leur candidature au greffier de l’Assemblée. Le comité de sélection doit présenter une liste de candidats compétents au gouvernement. Le premier ministre soumet par la suite la candidature de l’une de ses personnes à vote de l’Assemblée après avoir consulté les chefs des autres partis.