La tragédie des Acadiens de Pointe Sainte-Anne racontée

La tragique histoire des Acadiens de Pointe Sainte-Anne sera racontée dans une nouvelle exposition au Musée de la région de Fredericton à partir du 15 août.

Le village de Sainte-Anne, rebaptisé par la suite Pointe Sainte-Anne par les anglophones, était un centre névralgique de l’Acadie de la première moitié du XVIIIe siècle.

Le village de Pointe Sainte-Anne, recréé pour l’expérience de réalité virtuelle. – Gracieuseté

En 1739, environ une centaine d’Acadiens vivaient dans la communauté fondée un demi-siècle plus tôt sur la rive du fleuve Saint-Jean par Gabriel Godin.

Leur destin a toutefois tourné au drame en 1759 aux mains d’une bande de Rangers de la Nouvelle-Angleterre dans le sillage du Grand Dérangement.

Chantal Richard, la curatrice invitée du Musée de la région de Fredericton, s’apprête à inaugurer une nouvelle exposition multimédia pour raconter leur histoire.

«Quand on visite Fredericton pour la première fois, on pourrait avoir l’impression que les loyalistes sont arrivés dans les années 1780 et qu’ils ont tout créé alors qu’il y avait des habitants ici bien avant leur arrivée», constate celle qui est aussi professeure au Département d’études françaises de l’Université du Nouveau-Brunswick.

«Nous voulons rappeler aux gens qu’ils y avaient des Acadiens ici et qu’il y a une population acadienne et francophone dans la capitale qui est bien vivante et épanouie.»

Afin de faire de l’exposition une expérience complètement immersive, l’équipe de Mme Richard a reproduit à l’intérieur du musée la façade de la Maison Martin qui a été construite en 1773 en amont du fleuve Saint-Jean et qui se trouve aujourd’hui au Village historique acadien.

À l’intérieur de la salle qui prend elle aussi les allures de la Maison Martin, les visiteurs pourront voir de quoi avait l’air Pointe Sainte-Anne grâce notamment à un casque de réalité virtuelle.

«On raconte la naissance, l’évolution et la fin de l’établissement de Pointe Sainte-Anne. On accompagne tout ça d’images qui sont basées sur nos recherches historiques assez importantes.»

Deux écrans interactifs permettront aux visiteurs de voir et d’entendre les témoignages de cinq personnages qui ont vécu les événements de Pointe Sainte-Anne, dont Moses Hazen, le chef des Rangers qui ont détruit le village le 18 février 1759.

Celui qui était connu pour ses techniques particulièrement brutales a torturé, scalpé et tué des gens lors de son expédition en plus d’avoir incendié 147 bâtiments.

Moses Hazen, le chef des Rangers qui ont détruit le village de Pointe Sainte-Anne, le 18 février 1759. – Gracieuseté

Le chef autochtone de descendance française Ambroise Saint-Aubin fait aussi partie des personnages de l’exposition.

Il était essentiel pour Chantal Richard et son équipe d’inclure l’histoire des autochtones de la région.

«C’était une composante extrêmement importante et un peu délicate puisque le peuple acadien se trouve un peu coincé entre le fait d’avoir été colonisateur et colonisé», dit-elle.

«(Saint-Aubin) nous fait savoir que par moment les relations étaient difficiles et complexes entre les Acadiens et les peuples autochtones de la région.»

Les éléments d’informations de l’exposition sont en français et en anglais, mais certains ont également été traduits en wolastaqey.

Les animations en 3D ont été créées par Alan Edwards du Collège d’artisanat et de design du Nouveau-Brunswick.

Des reproductions de fragments d’artéfacts de l’époque qui ont été retrouvés dans la région par des archéologues font aussi partie de l’exposition.

L’ouverture officielle de l’exposition aura lieu durant les festivités du 15 août à la Place des officiers, au centre-ville de Fredericton. Ceux qui seront habillés aux couleurs du drapeau acadien pour entrer au musée gratuitement.

L’exposition sur les Acadiens de Pointe Sainte-Anne sera en montre pour cinq ans au Musée de la région de Fredericton.