CMA: un spectacle d’ouverture haut en couleurs

À saveur traditionnelle, le spectacle d’ouverture du 6e Congrès mondial acadien, samedi soir, en a mis plein la vue. Avec des musiciens et danseurs de tous les horizons et de diverses générations, ce concert a été marqué, entre autres, par le retour du groupe chéri de l’Île-du-Prince-Édouard, Barachois.

La foule s’est massée devant la scène pour assister à ce grand spectacle très attendu à Abram-Village.

Un numéro collectif explosif conjuguant musique traditionnelle et danse a donné le coup d’envoi au spectacle animé par l’humoriste Ryan Doucette.

Dès son apparition sur scène, le groupe Barachois a été acclamé par la foule. Après les orages violents qui se sont abattus sur la région, le soleil s’est pointé dans le ciel, au grand plaisir des festivaliers.

Cajun Country Revival, Vishten, Lennie Gallant, Patricia Richard, Barachois, Arthur Comeau, La famille Savoy, Les Hay Babies, The East Pointers, Acadidanse et Suroît ont fait danser la foule avec des numéros tantôt endiablés, dansants ou encore intimistes, avec une touche de modernité.

Pour les quatre membres de Barachois, ces retrouvailles étaient très émouvantes. On pouvait entendre les spectateurs les réclamer à grand cri. S’ils sont réunis à nouveau après plus de 15 ans d’absence, c’est vraiment en raison du congrès.

Dès dimanche matin, le quatuor est retourné à sa retraite.

Cette formation qui a fait le tour de la planète avec ses trois albums, de 1995 à 2003, n’a rien perdu de sa fougue et de son énergie.

«Pour moi, Barachois a été ma deuxième famille. C’est tellement une grande joie de jouer avec ce groupe que ça me fait presque brailler. Je n’oublierai jamais ce congrès parce que c’est le congrès qui nous a remis ensemble», a confié Louise Arsenault, du groupe Barachois, en entrevue quelques heures avant de monter sur la grande scène.

«C’est la grande famille acadienne de l’île qui accueille le monde. Être ici avec tous les artistes, c’est tellement magique parce que ça nous frappe en plein coeur. Quand on était jeune, il fallait se cacher d’être acadien, astheure, c’est le monde qui vient à nous», a-t-elle poursuivi.

Pour leur prestation, ils ont choisi d’offrir des pièces qui représentent bien l’ensemble de leur parcours et les divers instruments avec lesquels ils jouent.

Pour Lennie Gallant, qui a composé avec Johnny Comeau la chanson thème Acadie de nos coeurs du tout premier congrès en 1994, le fait d’accueillir le spectacle d’ouverture dans sa région revêt quelque chose de spécial. Vingt-cinq ans plus tard, c’est la même chanson qui est reprise pour souligner le quart de siècle de l’événement.

«C’est intéressant de voir que 25 ans plus tard, c’est la même chanson qui est utilisée comme thème. C’est comme si la chanson était revenue où elle est née», a exprimé le chanteur de l’Île-du-Prince-Édouard.

Celui qui a fondé le duo Sirène et Matelot avec sa compagne de vie Patricia Richard est ému d’offrir cette nouvelle musique au CMA. Après avoir enregistré 12 albums solos, il est heureux de pouvoir partager sa passion de la musique avec une autre artiste.

Même s’il a grandi dans un village où l’usage du français a presque disparu, Lennie Gallant n’a jamais perdu sa culture acadienne. La directrice artistique du spectacle, Emmanuelle LeBlanc, a voulu d’ailleurs mettre en lumière ces réalités acadiennes de l’île dans les activités de la journée d’ouverture.

Ouvert sur le monde

Tout en offrant une belle place aux artistes de l’Île-du-Prince-Édouard, elle a ouvert la porte aux musiciens d’ailleurs comme du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de la Louisiane. De nombreuses collaborations ont marqué ce grand spectacle d’ouverture.

Ce n’est pas tous les jours que les jeunes artistes de la région Évangéline ont la chance de se produire sur une grande scène comme celle du concert d’ouverture du CMA.

«ll y a du talent dans la région et partout à l’île, ça déborde. C’est merveilleux de se présenter sur une grande scène et de pouvoir présenter ces jeunes talents», a souligné Patricia Richard.

Les organisateurs attendaient environ 7000 personnes pour le concert d’ouverture. Or la foule était beaucoup moins grande que ce qu’anticipaient les organisateurs. Ils étaient à peine quelques milliers, occupant environ la moitié du site. Le mauvais temps a probablement contribué à décourager les gens. Sur le site du concert, la fête était au rendez-vous et la foule a acclamé les artistes sur scène.Il y avait des spectateurs de tous les âges.

Les cinq premiers jours du CMA se déroulent sur l’Île-du-Prince-Édouard pour ensuite se poursuivre sur l’autre rive du détroit de Northumberland, au Nouveau-Brunswick, jusqu’au 24 août.