La Minute du patrimoine sur la Déportation sera lancée le 15 août

La nouvelle capsule de la Minute du patrimoine portant sur la Déportation des Acadiens sera lancée le 15 août, à Moncton, dans le cadre du Congrès mondial acadien.

C’est ce qu’a annoncé Historica Canada, lundi matin, dans un courriel envoyé à l’Acadie Nouvelle.

«L’histoire de l’expulsion des Acadiens est souvent négligée dans notre histoire, a dit Anthony Wilson-Smith, président et chef de la direction de Historica Canada. Nous sommes fiers de partager ceci avec les Canadiens et d’augmenter leur connaissance de leur histoire.»

La Minute du patrimoine La déportation acadienne a été filmée à Annapolis Royal, le lieu de la première colonie acadienne, ainsi qu’à Canning, en Nouvelle-Écosse, sur des plages où la déportation s’est réellement déroulée.

Jamais un épisode de Historica Canada n’avait exploré un pan aussi lointain dans l’histoire du pays. L’organisme de sensibilisation à l’histoire canadienne consacre sa 93e Minute du patrimoine à la déportation des Acadiens.

Depuis que son tournage à Port-Royal et sur les plages de Nouvelle-Écosse s’est terminé en septembre 2018, le film attend impatiemment le 15 août pour être diffusé. Cet épisode sera en effet projeté à Moncton à l’occasion du Congrès mondial acadien.

Comment résumer un événement comme la déportation des Acadiens en soixante secondes? Pour Melissa O’Neil, coordinatrice des Minutes du patrimoine, cette vidéo vise davantage à titiller la curiosité des Canadiens qui ne connaissent pas cette période de l’histoire.

«Nous avons pris le point de vue d’une mère acadienne au moment de la déportation. Et on décrit cette situation avec son point de vue. Le spectateur aura sa perception de l’événement», explique-t-elle.

Le spectateur intéressé sera ensuite invité à se diriger vers l’Encyclopédie canadienne pour en apprendre davantage.

«L’essentiel pour nous est d’intéresser les gens sur le sujet, et leur donner envie d’en connaître plus, affirme-t-elle.

Au-delà du Grand dérangement, faire comprendre l’Acadie lui tenait particulièrement à coeur. Elle a pu compter sur une équipe déjà acquise à la cause.

«Comme Acadienne, je suis fière de pouvoir participer à ce projet. J’ai pu amener mon histoire à tous les Canadiens. Cela faisait deux ans qu’une collègue également acadienne voulait mener cet épisode sur le Grand dérangement. Et le producteur du projet est aussi un Acadien de la Nouvelle-Écosse!», s’exclame-t-elle.

Selon elle, l’histoire des Acadiens n’est pas assez connue des autres citoyens.

«Peu de Canadiens sont au courant qu’il y a des Acadiens partout dans le Canada et hors du Nouveau-Brunswick. C’est connu qu’il y a des Acadiens au Nouveau-Brunswick, parce que c’est la seule province bilingue, et qu’on promeut le français dans cette province», affirme-t-elle.

Exporter l’histoire acadienne hors de l’Acadie

Maurice Basque, historien et conseiller scientifique à l’Institut d’études acadiennes de l’Université de Moncton, a été consulté par les équipes de Historica Canada sur cet événement.

«Ce sujet est très intéressant, car ça sera une minute qui sera vue du côté des femmes. Les femmes ne vivent pas les guerres, les tragédies, comme les hommes, alors qu’elles sont elles-mêmes souvent en danger physique», indique-t-il.

Son défi était d’expliquer le plus rapidement possible la complexité de la neutralité des Acadiens.

«Ils voulaient rester neutres sur leurs terres, à l’endroit des Britanniques qui étaient leurs maîtres, à l’endroit des Français qui étaient leurs anciens maîtres, et aussi à l’endroit des Mi’kmaqs et des autres Amérindiens. Le tout en gardant leurs terres et leur religion dans un empire très anglican», résume-t-il.

L’historien remarque une hausse de l’intérêt pour la question acadienne à travers le Canada.

«Je reçois de toutes les provinces des appels de commissions scolaires. Elles veulent parler de sujets acadiens, parce qu’elles ont déjà beaucoup traité de sujets québécois. Et cette minute, ce n’est pas pour pleurer ou dire qu’on est des victimes, c’est un clin d’oeil qui va donner l’occasion à des gens de vouloir en connaître un peu plus», lance-t-il.